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Louis-Philippe Dalembert, lauréat 2017 du Prix France Bleu .

samedi 7 janvier 2017

Haiti/Moeurs & Société: Avis de recherche

Salut, je suis Richardson Fils-Aimé ; un fils aimé, c’est vrai, mais mal aimé, mal armé, désarmé… un fils criblé. Criblé de désespoir, de tout surtout de solitude. Ça fait longtemps, disons cinq ans, depuis que mon âme s’endort dans une armoire de tristesse. Ça fait bon temps, quelque temps depuis mon cœur se bat contre les démons noirs de ma détresse. En effet, je cherche une fille que j’aime mille fois plus à chaque seconde. Je l’aime plus que la vie, plus que le monde. Je l’aime mille façons pour dix mille raisons. Elle est mon cœur, ma vie, ma passion.

Je cherche une fille que j’ai rencontrée tantôt, pas à Santo, ni à Milot, ni à Rio, Monaco ou Tokyo… mais à Saint-Marc. Cette ville est petite par sa géographie, mais grande et unique par sa beauté, sa coiffure et sa philosophie. C’est une ville où le plaisir est gratuit, le rire est constant et les sourires omniprésents. C’est un vrai royaume de bonheur, un vrai joyau de couleur. Parlant de couleur, c’était un février, un jour férié, c’était le carnaval. Cette cité semble être habitée uniquement par des artistes et artisans, car tout était décoré et la beauté était partout : sur les murs, sur les tables de friture, dans les paniers des marchands, sur les vêtements, sur les visages enfin sur tout le paysage. Oui, c’était le carnaval, les rues était parfumées et meublées de fleurs. Fleurs dont les pieds sont perdues sous la terre mais aussi fleurs qui marchent, qui courent, qui vagabondent, qui dansent, qui chantent, qui volent, qui rient, qui sourient, qui contemplent, qui gesticulent, qui crient, qui hurlent… Hurler de joie ! Hurler d’amour ! Les tambours « fendaient » les bétons. Les vrais et « bon bredjenn » ne restaient pas les bras croisés. Certaines rues étaient trop étroites, pas pour les DJ en « kabwa », en brouette ou à bicyclette. Il y avait autant de beautés que de visages, autant de bonheur que de couleurs…

Le soleil venait à peine de plier bagage. J’étais debout à l’angle des rues Père Primet et Savannah. Je contemplais les mille couleurs qui dansaient et suivaient T-Sound. Et mes yeux s’arrêtaient sur la fille qui allait me hanter toute la vie. Oh ! Elle est belle, belle plus que tout. À sa vue, mon corps tressaille, une crampe me traverse depuis la plante des pieds jusqu’aux cheveux. Un ami m’a craché qu’elle pouvait être un zombi. J’ai failli me fâcher et je lui ai répondu que je tressaille par amour. Je la regardais comme elle me regardait. Je l’approchais comme elle m’approchait. Je me sentais à elle comme elle se sentait à moi. Elle était combien belle, comment ne pas l’aimer ? Elle était comme une reine, comment ne pas l’admirer ? Sa voix comme sa peau était douce. Elle avait une voix nasillarde que j’aime tant. Certains, à qui je partage le récit, m’ont dit qu’elle est forcément un zombi. Je ne crois pas d’ailleurs si sa voix faisait d’elle un zombi, François Duvalier, Alexandre Boniface et tant d’autres personnes seraient des zombis. Or, nos deux présidents ne l’étaient pas. Elle aussi ne l’était pas.

Je l’aime, je l’aime tellement, je l’aime tellement fort. Je l’aime pour son nom : elle s’appelle Ana. Son nom signifiant fleur lui allait bien. Parfois, je me suis demandé avec peine: « ne serait-elle pas Anacaona qui s’était réveillé de sa corde pour me séduire ? ». Cette hypothèse est absurde. Anacaona avait la peau rouge, mais elle la peau noire ; l’Indienne avait les cheveux longs et lisses, mais les siens étaient courts et crépus. Pourtant, elle était toutes les deux des Haïtiennes, et belles comme des reines. Mais NON, Ana ne pouvait être Anacaona.
 Son amour pour moi était tellement intense qu’elle marchait la tête tournée vers la terre. Il est vrai que les zombis marchent la tête baissée, mais les timides aussi marchent de la même manière. C’était évident, son amour pour moi la rendait timide. Elle ne voulait pas goûter aux griots que je lui ai offerts. « C’est à cause du sel, m’a-t-on dit, puisqu’elle est un zombi. » Je n’ai pas cru. Il est normal qu’elle ait refusé, d’ailleurs elle n’avait pas faim et elle se dit adventiste.

Nous avions passé, l’un contre l’autre, toute la soirée. Enfin, chez elle, a-t-elle décidé de m’emmener. C’était à l’avenue Maurepas, une impasse que je n’ai pas connue avant. Peu importe, je ne connais pas tous les coins, encore moins tous les recoins de la ville. Toutes les maisons étaient blanches. Même les eaux qui coulaient dans une rigole étaient comme du lait. Ses voisins, petits et grands des deux sexes, étaient tous vêtus de blanc. Ils étaient sages comme les moines chinois qui marchaient la tête inclinée vers le sol. Elle entrait dans la maison : c’était une merveille. Tout était en blanc : les chaises, les meubles, les appareils électroménagers, les nappes… la lumière de l’intérieur était comme celle du soleil. Des amis, qui sont jaloux de me voir tomber amoureux d’une si belle négresse, m’ont dit que la maison blanche, les meubles… indiquent clairement qu’elle est un zombi. Je me ris d’eux. Je devais leur faire un cours de connaissance générale pour leur apprendre que la plus grande maison blanche se trouve à Washington DC. Or, ses occupants ne sont pas des zombis. Et un cours de philosophie pour les porter à comprendre que la couleur des meubles s’explique par son goût.

 Faire l’amour est beau ! Faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime est merveilleux, extra et chaleureux ! Elle se déshabillait comme moi et s’asseyait à mes côtés sur un lit dur comme une masse de béton. Vu la dureté, j’ai conclu qu’il est un matelas allemand. On s’embrassait passionnément ; on se caressait comme des fous. Fou de rage, fou d’amour. Son corps… sa salive était aussi lisse que froid. Froid comme de la glace. Ce n’aurait pas été le cas, si elle n’avait pas refusé de partager mon rhum. Quelques minutes après, je m’étais endormi. « Non, je ne m’étais pas évanoui, répondis-je plus d’un millier de fois à ma mère, je m’étais endormi. »

 Le lendemain, au cimetière de la ville, je m’étais réveillé. J’étais allongé sur une tombe et mes vêtements me servaient d’oreiller. C’étaient sûrement mes amis qui, par moquerie, m’y ont transporté. Ils le nient toujours, je m’en fous d’eux puisque c’est la vérité. Je quittais le cimetière et partais ipso facto à sa recherche. J’étais comme un pasteur qui, sans fidèle, prêche. Comme un pêcheur qui, sans nasse, pêche. Je ne pouvais plus retrouver le quartier. Si on avait pu, j’aurais cru qu’on l’a déplacé. Elle n’était ni lycéenne ni collégienne de la ville. Je la recherchais partout : dans les bureaux, les hôpitaux, les restos, les discos ; je la recherchais dans les maisons, les prisons, dans les hôtels, les bordels, les universités, les propriétés privées… et ça fait déjà cinq ans. Cinq ans de problèmes sans solution. Cinq ans de punition. Cinq ans de prière sans amen. Cinq ans de peine. Cinq ans de haine. Oui, je suis haï et trahi par l’amour. J’attends ! J’espère ! Quand reverrai-je les yeux de mon amour ?


Vous qui lisez cet avis, si vous êtes internautes, peut-être qu’elle est votre ami sur Facebook ; si vous êtes professeurs, peut-être qu’elle est votre élève ou étudiante ; si vous êtes secrétaire, peut-être qu’elle apparaît un jour dans votre bureau… qui que vous soyez, si vous la voyez, s’il vous plaît, n’hésitez pas à lui dire que mes larmes n’ont pas encore séché. Mon âme pleure encore, mon cœur pleure très fort. Je vous en supplie de ne pas oublier, je suis prêt à tout donner même ma tête ou sa vie. S’il vous plaît, je vous en prie, ne négligez pas, n’hésitez pas à lui transmettre ce message. Dites-lui, ne l’oubliez surtout pas, que je l’attends sur la belle place de Saint-Marc. Dites-lui que je l’aime, je l’attends et je l’espère. -
  

Richardson Fils-Aimé
Salut, je suis Richardson Fils-Aimé ; un fils aimé, c’est vrai, mais mal aimé, mal armé, désarmé… un fils criblé. Criblé de désespoir, de tout surtout de solitude. Ça fait longtemps, disons cinq ans, depuis que mon âme s’endort dans une armoire de tristesse. Ça fait bon temps, quelque temps depuis mon cœur se bat contre les démons noirs de ma détresse. En effet, je cherche une fille que j’aime mille fois plus à chaque seconde. Je l’aime plus que la vie, plus que le monde. Je l’aime mille façons pour dix mille raisons. Elle est mon cœur, ma vie, ma passion. Je cherche une fille que j’ai rencontrée tantôt, pas à Santo, ni à Milot, ni à Rio, Monaco ou Tokyo… mais à Saint-Marc. Cette ville est petite par sa géographie, mais grande et unique par sa beauté, sa coiffure et sa philosophie. C’est une ville où le plaisir est gratuit, le rire est constant et les sourires omniprésents. C’est un vrai royaume de bonheur, un vrai joyau de couleur. Parlant de couleur, c’était un février, un jour férié, c’était le carnaval. Cette cité semble être habitée uniquement par des artistes et artisans, car tout était décoré et la beauté était partout : sur les murs, sur les tables de friture, dans les paniers des marchands, sur les vêtements, sur les visages enfin sur tout le paysage. Oui, c’était le carnaval, les rues était parfumées et meublées de fleurs. Fleurs dont les pieds sont perdues sous la terre mais aussi fleurs qui marchent, qui courent, qui vagabondent, qui dansent, qui chantent, qui volent, qui rient, qui sourient, qui contemplent, qui gesticulent, qui crient, qui hurlent… Hurler de joie ! Hurler d’amour ! Les tambours « fendaient » les bétons. Les vrais et « bon bredjenn » ne restaient pas les bras croisés. Certaines rues étaient trop étroites, pas pour les DJ en « kabwa », en brouette ou à bicyclette. Il y avait autant de beautés que de visages, autant de bonheur que de couleurs… Le soleil venait à peine de plier bagage. J’étais debout à l’angle des rues Père Primet et Savannah. Je contemplais les mille couleurs qui dansaient et suivaient T-Sound. Et mes yeux s’arrêtaient sur la fille qui allait me hanter toute la vie. Oh ! Elle est belle, belle plus que tout. À sa vue, mon corps tressaille, une crampe me traverse depuis la plante des pieds jusqu’aux cheveux. Un ami m’a craché qu’elle pouvait être un zombi. J’ai failli me fâcher et je lui ai répondu que je tressaille par amour. Je la regardais comme elle me regardait. Je l’approchais comme elle m’approchait. Je me sentais à elle comme elle se sentait à moi. Elle était combien belle, comment ne pas l’aimer ? Elle était comme une reine, comment ne pas l’admirer ? Sa voix comme sa peau était douce. Elle avait une voix nasillarde que j’aime tant. Certains, à qui je partage le récit, m’ont dit qu’elle est forcément un zombi. Je ne crois pas d’ailleurs si sa voix faisait d’elle un zombi, François Duvalier, Alexandre Boniface et tant d’autres personnes seraient des zombis. Or, nos deux présidents ne l’étaient pas. Elle aussi ne l’était pas. Je l’aime, je l’aime tellement, je l’aime tellement fort. Je l’aime pour son nom : elle s’appelle Ana. Son nom signifiant fleur lui allait bien. Parfois, je me suis demandé avec peine: « ne serait-elle pas Anacaona qui s’était réveillé de sa corde pour me séduire ? ». Cette hypothèse est absurde. Anacaona avait la peau rouge, mais elle la peau noire ; l’Indienne avait les cheveux longs et lisses, mais les siens étaient courts et crépus. Pourtant, elle était toutes les deux des Haïtiennes, et belles comme des reines. Mais NON, Ana ne pouvait être Anacaona. Son amour pour moi était tellement intense qu’elle marchait la tête tournée vers la terre. Il est vrai que les zombis marchent la tête baissée, mais les timides aussi marchent de la même manière. C’était évident, son amour pour moi la rendait timide. Elle ne voulait pas goûter aux griots que je lui ai offerts. « C’est à cause du sel, m’a-t-on dit, puisqu’elle est un zombi. » Je n’ai pas cru. Il est normal qu’elle ait refusé, d’ailleurs elle n’avait pas faim et elle se dit adventiste. Nous avions passé, l’un contre l’autre, toute la soirée. Enfin, chez elle, a-t-elle décidé de m’emmener. C’était à l’avenue Maurepas, une impasse que je n’ai pas connue avant. Peu importe, je ne connais pas tous les coins, encore moins tous les recoins de la ville. Toutes les maisons étaient blanches. Même les eaux qui coulaient dans une rigole étaient comme du lait. Ses voisins, petits et grands des deux sexes, étaient tous vêtus de blanc. Ils étaient sages comme les moines chinois qui marchaient la tête inclinée vers le sol. Elle entrait dans la maison : c’était une merveille. Tout était en blanc : les chaises, les meubles, les appareils électroménagers, les nappes… la lumière de l’intérieur était comme celle du soleil. Des amis, qui sont jaloux de me voir tomber amoureux d’une si belle négresse, m’ont dit que la maison blanche, les meubles… indiquent clairement qu’elle est un zombi. Je me ris d’eux. Je devais leur faire un cours de connaissance générale pour leur apprendre que la plus grande maison blanche se trouve à Washington DC. Or, ses occupants ne sont pas des zombis. Et un cours de philosophie pour les porter à comprendre que la couleur des meubles s’explique par son goût. Faire l’amour est beau ! Faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime est merveilleux, extra et chaleureux ! Elle se déshabillait comme moi et s’asseyait à mes côtés sur un lit dur comme une masse de béton. Vu la dureté, j’ai conclu qu’il est un matelas allemand. On s’embrassait passionnément ; on se caressait comme des fous. Fou de rage, fou d’amour. Son corps… sa salive était aussi lisse que froid. Froid comme de la glace. Ce n’aurait pas été le cas, si elle n’avait pas refusé de partager mon rhum. Quelques minutes après, je m’étais endormi. « Non, je ne m’étais pas évanoui, répondis-je plus d’un millier de fois à ma mère, je m’étais endormi. » Le lendemain, au cimetière de la ville, je m’étais réveillé. J’étais allongé sur une tombe et mes vêtements me servaient d’oreiller. C’étaient sûrement mes amis qui, par moquerie, m’y ont transporté. Ils le nient toujours, je m’en fous d’eux puisque c’est la vérité. Je quittais le cimetière et partais ipso facto à sa recherche. J’étais comme un pasteur qui, sans fidèle, prêche. Comme un pêcheur qui, sans nasse, pêche. Je ne pouvais plus retrouver le quartier. Si on avait pu, j’aurais cru qu’on l’a déplacé. Elle n’était ni lycéenne ni collégienne de la ville. Je la recherchais partout : dans les bureaux, les hôpitaux, les restos, les discos ; je la recherchais dans les maisons, les prisons, dans les hôtels, les bordels, les universités, les propriétés privées… et ça fait déjà cinq ans. Cinq ans de problèmes sans solution. Cinq ans de punition. Cinq ans de prière sans amen. Cinq ans de peine. Cinq ans de haine. Oui, je suis haï et trahi par l’amour. J’attends ! J’espère ! Quand reverrai-je les yeux de mon amour ? Vous qui lisez cet avis, si vous êtes internautes, peut-être qu’elle est votre ami sur Facebook ; si vous êtes professeurs, peut-être qu’elle est votre élève ou étudiante ; si vous êtes secrétaire, peut-être qu’elle apparaît un jour dans votre bureau… qui que vous soyez, si vous la voyez, s’il vous plaît, n’hésitez pas à lui dire que mes larmes n’ont pas encore séché. Mon âme pleure encore, mon cœur pleure très fort. Je vous en supplie de ne pas oublier, je suis prêt à tout donner même ma tête ou sa vie. S’il vous plaît, je vous en prie, ne négligez pas, n’hésitez pas à lui transmettre ce message. Dites-lui, ne l’oubliez surtout pas, que je l’attends sur la belle place de Saint-Marc. Dites-lui que je l’aime, je l’attends et je l’espère. - See more at: http://lenouvelliste.com/article/167020/avis-de-recherche#sthash.F3IWhuFM.dpuf

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