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samedi 26 novembre 2016

Cuba/Fidel Castro: De Trump à Maradona et Bachar al-Assad, la mort de Fidel Castro fait réagir le monde entier

Hommage spontané à Fidel Castro, au Guatemala,
après l’annonce de sa mort. JOHAN ORDONEZ / AFP
De nombreux chefs d’Etat et anciens proches du dirigeant historique de Cuba ont réagi à l’annonce de sa mort, vendredi à l’âge de 90 ans.

Le père de la révolution cubaine s’est éteint. Depuis l’annonce, vendredi 25 novembre par son frère et successeur Raul Castro de la mort de Fidel Castro à l’âge de 90 ans, les dirigeants de la planète entière ont réagi, ainsi que les personnalités proches de l’ancien chef de l’Etat. Dans plusieurs pays du monde, des rassemblements spontanés ont aussi rendu hommage au « Lider Maximo ».


Etats-Unis : Barack Obama et Donald Trump diamètralement opposés


Ennemis déclarés du régime castriste pendant la Guerre froide, les Etats-Unis, dont la CIA a tenté à 638 reprises de se débarasser du dirigeant cubain, ont réagi par la voix du président Barack Obama et de son successeur, Donald Trump. Co-architecte du rapprochement historique entre son pays et Cuba,
 le président Obama a réagi dans un communiqué, soulignant que « l’Histoire jugera[it] de l’impact énorme de cette figure singulière sur le peuple et le monde qui l’entourent. » Soulignant que son administration avait « travaillé dur » pour tourner la page de plus d’un demi-siècle de « discorde et de profonds désaccords politiques », le président américain a exprimé son « amitié au peuple cubain ».
Autre son de cloche avec le président élu Donald Trump. Après avoir sobrement annoncé sur Twitter la mort du « Lider Maximo », dans un second temps, Trump a fait savoir que Castro était « un dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple » et qu’il fera « tout » pour contribuer à la liberté du peuple cubain. Cuba est engagée dans un dégel historique avec les Etats-Unis depuis fin 2014, mais Donald Trump a affiché des réserves sur ce rapprochement, affirmant qu’il ferait « tout pour obtenir un accord solide » avec La Havane.

A Miami, où de très nombreux réfugiés cubains fuyant le régime castriste se sont installés, des scènes de liesse ont accueilli la nouvelle de la mort du tyran cubain. De son côté, le sénateur de Floride et candidat malheureux à l’investiture républicaine, Marco Rubio, fils d’exilés cubains, a salué la mort d’un « dictateur meurtrier ayant infligé misère et souffrance à son propre peuple. »


Russie, Chine, Vietnam, les anciens « pays-frères » saluent sa mémoire


Pendant les années de la Guerre froide, Cuba a pu compter sur le soutien de l’Union soviétique et était devenu l’une des icônes de la confrontation entre les deux blocs. Aussi, de Moscou à Pékin, en passant par Hanoï, les anciens « pays-frères » du Cuba de Castro ont salué la mémoire du dirigeant cubain.

« Fidel a résisté et a fortifié son pays au cours du blocus américain le plus dur, quand il y avait une pression monumentale sur lui et il a pu mener son pays sur la voie du développement indépendant », a salué l’ex-dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, quand le président russe, Vladimir Poutine, dans une lettre adressée à Raul Castro, saluait « un ami sincère et fiable de la Russie » et un « homme d’Etat émérite, à juste titre considéré comme le symbole d’une époque de l’histoire moderne du monde ».

En Chine, l’hommage au « Lider Maximo » a été appuyé. « Le peuple chinois a perdu un camarade bon et sincère », a déclaré le président chinois Xi Jinping, assurant que Fidel Castro « vivra éternellement ». Si les deux pays se sont rapprochés depuis la chute de l’URSS, jusqu’à la mort de Mao, en 1976, les relations entre les deux pays sont restées distantes du fait de la présence de Cuba dans l’orbite soviétique, rivale de la Chine. A l’inverse, le Vietnam a toujours entretenu des liens étroits avec Cuba, et l’agence de presse officielle a salué « un grand dirigeant » qui fut « le brillant miroir des mouvements d’indépendance et révolutionnaires des nations d’Amérique latine et du monde ».


Polémique au Canada


Le premier ministre libéral Trudeau a qualifié Fidel Castro de « leader remarquable, plus grand que nature » et de « révolutionnaire et orateur légendaire », même s’il était une « figure controversée », ce qui lui a attiré les foudres de ses opposants. « Je n’arrive pas à croire que notre premier ministre exprime une ’profonde tristesse’ et considère comme un  ’ami’ un dictateur méprisable qui a tué et emprisonné des milliers d’innocents et exilé plus d’un million de personnes », a écrit sur Facebook le député conservateur Maxime Bernier.

L’élu a dénoncé aussi des « politiques communistes absurdes » du « Lider Maximo » qui « a brimé la liberté d’expression, a persécuté les homosexuels alors qu’il amassait une fortune et vivait dans le luxe comme tous les dictateurs qui exploitent leur peuple ». « C’est révoltant », a-t-il conclu.

La députée conservatrice Kellie Leitch, qui comme Maxime Bernier, est candidate à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC), a dénoncé des louanges formulées « comme si le premier ministre lisait un livre de conte de fées ».

Mme Leitch a dénoncé un « régime castriste (...) brutal, répressif et meurtrier ». Et « notre Premier ministre a plutôt choisi d’honorer l’homme qui a privé son peuple de ses droits fondamentaux pendant des décennies », a-t-elle condamné sur Facebook.

Les propos de Justin Trudeau ont aussi fait réagir aux Etats-Unis. Née à La Havane, l’élue américaine républicaine de Floride Ileana Ros-Lehtinen a comparé l’hommage de Justin Trudeau à « une lettre d’amour écoeurante ». « Vous n’avez pas perdu un être cher dans un peloton d’exécution. (...) Vous ne pouviez pas voter aux élections cubaines parce qu’il n’y a pas de partis politiques à Cuba. Le droit de manifester y est interdit. Il n’y a pas de liberté de presse. Aucune des libertés dont vous jouissez au Canada ou aux Etats-Unis n’existent à Cuba », a-t-elle réagi sur CNN.


L’Amérique du Sud pleure le « Commandante »


La révolution cubaine incarnée par Fidel Castro a déclenché une onde de choc durable, et des répliques qui ont ébranlé le sous-continent latino-américain pendant plusieurs années. Et les réactions ont été nombreuses en Amérique latine à l’annonce de la mort de Fidel Castro.

 « A tous les révolutionnaires du monde, nous devons suivre son héritage et le drapeau de l’indépendance, du socialisme », a écrit le président vénézuelien Nicolas Maduro sur Twitter. De l’Equateur à la Bolivie en passant par le Brésil, de nombreux chefs d’Etat latino-américain – actuels ou passés – se sont émus de la mort de cette « figure emblématique du XXe siècle », comme l’a déclaré le président mexicain Enrique Pena Nieto.

Le président du Venezuela Nicolas Maduro lui a rendu hommage en se rendant au mausolée où reposent les restes d’Hugo Chavez, le défunt président vénézuélien et « fils spirituel » de Fidel Castro.« Fidel, pars serein, pars en paix, car nous sommes là », a-t-il déclaré, en promettant de faire vivre « les idées » de Fidel Castro.

C’était « un géant de l’Histoire » qui a défendu « la dignité des peuples du monde », s’est enflammé le président bolivien Evo Morales. « Nous pleurons la mort de Fidel Castro », a indiqué le président colombien Juan Manuel Santos sur Twitter, tout en le remerciant pour sa « contribution » aux négociations de paix avec les rebelles marxistes des Farc.

Le pape François, qui s’était entretenu avec le dirigeant cubain lors de sa visite sur l’île en 2015, a fait part de ses « sentiments de tristesse » après cette « triste nouvelle ». De son côté, la légende du football argentin, Diego Maradona, a déploré la mort de celui qui était comme « un second père » pour lui. L’ancien joueur de Naples a séjourné à plusieurs reprises à Cuba, où il a notamment été traité pour sa dépendance à la drogue. Et il a noué une relation d’amitié avec Fidel Castro.


Une « figure historique » pour l’Europe


En Europe, plusieurs dirigeants, de l’Espagnol Mariano Rajoy au président français, ont salué la « figure historique du siècle dernier ». Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a reconnu que « le monde perd un homme qui était pour beaucoup un héros » et conclu qu’il « appartiendra à l’histoire de juger son héritage. » De son côté, la « ministre des affaires étrangères » de l’Union européenne, Federica Mogherini, s’est efforcée de penser à l’avenir de Cuba, assurant que l’UE « continuera de porter [un] engagement fort avec Cuba. »

En marge du sommet de la Francophonie à Madagascar, François Hollande a « encore insisté pour que l’embargo qui pénalise Cuba puisse être levé, définitivement levé [...] et que Cuba puisse être pleinement dans la communauté internationale regardé comme un partenaire. » En France, de nombreuses personnalités politiques de gauche, notamment le candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon, ont rendu hommage au symbole qu’était le « Lider Maximo ».

« Adieu commandant - Jusqu’à la victoire pour toujours des peuples », a lancé le premier ministre grec de gauche radicale Alexis Tsipras. « Une page importante de l’histoire politique mondiale se tourne », il s’agit d’« un terme définitif à la guerre froide », a commenté le premier ministre belge Charles Michel.

Ailleurs dans le monde, des hommages ont été rendus de l’Afrique du Sud, où le président a salué un homme qui «  s’est identifié à notre lutte contre l’apartheid », à l’Iran, où le président Rohani à vu en Castro l’incarnation des « hommes libres qui restent dans la lutte jusqu’à leurs tout derniers jours. » Fidel Castro a été « une figure hors pair par son importance historique transcendantale », a jugé le président angolais Jose Eduardo dos Santos. Mahmoud Abbas, le président de l’’Autorité palestinienne a estimé que ce fut un « défenseur acharné (...) de la justice dans le monde ».

Même le président syrien, Bachar al-Assad, qui avait reçu Castro en 2001, a dressé un parallèle entre Cuba et son pays, notamment en raison des sanctions qui ont pesé sur l’île des Caraïbes pendant des décennies : « Le nom de Fidel Castro vivra à jamais dans l’esprit des générations et inspirera ceux qui aspirent à une véritable indépendance. »




Crédit; DIASPORAMA-HAITI avec AFP/Reuters

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