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Louis-Philippe Dalembert, lauréat 2017 du Prix France Bleu .

mercredi 12 novembre 2014

Haïti/USA/Diasporama: Hommage à Anna Pierre, Interview Exclusive !

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Du « smash hit » compas-love des années ’90, « Mete suk sou bonbon’m », en passant par plusieurs actions sociales, d’autres activités socioprofessionnelles, dont sa profession « sacerdotale », le nursing, pour parvenir en 2014 à la production de l’ouvrage appelé à devenir une référence ou un livre-culte, intitulé  « You Know You’re Haitian If…« , un bouquin consacré à l’histoire, la culture, les traditions, les us et coutumes des gens venant d’Haïti. Que de chemins, parsemés surtout de lauriers, parcourus par notre désormais autoproclamée « Princess Anna Pierre ».

 
APECElle se fait actuellement remarquer par sa participation à la politique active dans sa communauté étoilée du North-Miami, dans (le) « The Sunshine State« , où notre Haïtiano-américaine réside depuis un certain nombre d’années.  Candidate au poste de mairesse (mayor) de son patelin dans les élections de 2013, elle remet ça en 2014, vue la vacance constatée de la dernière élue en date, une autre native d’Haïti, Lucie Tondreau, à qui CANAL+HAITI a déjà rendu hommage pour ses bienfaits parmi ses compatriotes d’origine vivant en Floride.
 
Anna Pierre tient à marquer son temps en créant un grand projet, « …[The Anna Pierre Health Education Center] , “The People’s Clinic” en 1990 – un centre de santé communautaire où, comme infirmière j’ai contribué à la santé de mes frères et sœurs vivant dans le Sud de la Floride en offrant gratuitement des tests de dépistage du diabète, de l’hypertension, du cancer chez les hommes et les femmes, etc. et le suivi d’arrangement pour séances de traitements ;   mes années de présentations à la Radio et Télévision sur la promotion de la santé et la prévention des maladies ; les nombreuses colonnes/articles invitant à rester en bonne santé, que j’ai publiés sur nos journaux et magazines Haïtiens et Américains, ainsi que mon initiative: « Yearly Father’s Day Celebration »,  pour honorer nos pères Haïtiens et  promouvoir les valeurs familiales… », nous explique, avec détermination, la CEO et fondatrice de « APHEC INTERNATIONAL, INC », en nous montrant une autre facette de sa polyvalence.
 
youAu lendemain du séisme dévastateur ayant frappé Haïti en 2010, nous avons fait sonner le lambi du grand ralliement pour rebâtir physiquement et mentalement la première république noire indépendante de la planète, en cherchant , comme Diogène, nos compatriotes-modèles plus ou moins connus des quatre coins du monde, en vue de donner de nouvelles pulsions positives pouvant servir de catalyseur à la reconstruction de la nation commune. Nos jeunes ont un grand besoin de symboles et d’exemples pouvant leurs servir de boussole pour leur avenir. Comme d’autres personnalités originaire de Bohio, CANAL+HAITI suit de près et de loin les différentes activités des haïtiens notables de la diaspora, dont la chanteuse Anna Pierre.
 
Princesse Anna Pierre compte plusieurs cordes à son arc, elle est également artiste peintre. Elle est Designer ! D’ailleurs la peinture fut l’ un de ses premiers passe-temps préférés avant la chanson et dans ses temps libres, elle dessine des vêtements et sacs à main dotés du nom ou marque « ZOTOBRE ». Ses produits seront bientôt mis en vente sur le marché floridien, pour plaire à ses milliers de fans éparpillés dans la diaspora. Surveillez les annonces de CANAL+HAITI.
 
Aujourd’hui, nous pensons que le moment est propice pour célébrer et rendre un vibrant hommage à cette grande dame au cœur d’or, qui donne le meilleur d’elle-même, en venant en aide à d’autres citoyens et citoyennes originaires de son pays de naissance. Elle a tant fait pour la culture haïtienne !  Elle nous fait l’effet du bon vin, au fil du temps, en faisant de mieux en mieux pour ses congénères tandis que ..coté physique, elle est de plus en plus belle.

 Interview

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Anna Pierre depuis quand avez-vous laissé Haïti. Pour quelle(s) raison(s) l’avez-vous laissé définitivement, et…dans quelle condition?
 
J’ai laissé Haiti en 1980 pour Montréal, Canada, suite à l’invitation d’un ami qui était au courant de mon rêve, comme celui d’un bon nombre de mes amis à l’époque, de quitter le pays à la poursuite d’une vie meilleure.  J’ai passé 3 mois à Montréal, avant de réaliser qu’il n’allait pas être facile de vivre dans le pays sans avoir les papiers légaux.  Je suis donc revenue en Haïti pour m’établir par la suite aux États-Unis, où je vis depuis 1981.
 
 Pouvez-vous nous parler de vos activités professionnelles, universitaires, de vos réalisations personnelles?
ZOTOB
Je suis une infirmière licenciée avec un Bachelor en Service D’Administration de Santé.  Je suis détentrice d’une Maitrise en  Santé Publique et suis également Auteur du nouvel ouvrage: « You Know You’re Haitian If… »
 je suis artiste peintre. D’ailleurs la peinture fut l’ un de mes premiers Hobbys avant la chanson et dans mes temps libres je dessine des vêtements et sacs à main dotés du nom ou marque ZOTOBRE qui seront bientot sur le marché.
 
 
Quels pays avez-vous visité avant de vous établir aux USA?
 
Autre Pays que j’ai visité avant de m’établir aux Etats -Unis? Comme je l’ai dit tantôt :  Le Canada, mais aussi Curaçao, la Jamaïque  et bien entendu, la République Dominicaine.  Comme résidente des Etats-Unis j’ai visité quelques-unes des Iles Françaises, le Bahamas et la Jamaïque.
 
 Qu’est-ce que vous appréciez chez les américains et que vous aimeriez retrouver  chez les haïtiens?
 
Quoique que nous ayons nos valeurs propres, et une culture différente de celle des Américains, je finis par constater que nous sommes tous des humains. Yes ! Les tendances négatives sont semblables chez le peuple Américain aussi bien que chez nous. Cependant je réalise que “ The crab mentality” est plus commun chez les Haïtiens.  Pour la plupart d’entre nous, si nous ne sommes pas le réalisateur d’un projet, nous avons tendance à ne pas lui apporter notre support ou à ne pas contribuer à son aboutissement,  même s’il est appelé à profiter à l’ensemble de notre communauté qui compte plusieurs organisations.
 
En outre il y a des organisations communautaires au service des Haïtiens là ou je vis.
 
 Qu’est-ce qui a pu vous captiver en territoire américain ?
 
Pour moi, il y aura des difficultés peu importe où l’on vit.  Il y a des problèmes autant aux Etats-Unis qu’en Haïti.  Mais les problèmes sont différents.  Ils ont même plus compliqués dans certains secteurs. Par exemple, la majorité des gens en Haïti n’ont pas d’hypothèque, donc pas de paiement mensuel  sur leurs maisons.  Voici donc un problème que nous autres vivons aux USA et auquel nous sommes appelés à faire face, a moins d’être riche et capable d’acquérir la maison comptant.  Cependant, il y a également des opportunités énormes telles que: le bénéfice dune éducation sérieuse et gratuite ; le recours à la justice, quand on fait l’objet d’une fausse accusation ; l’accès à des soins de santé adéquats ; l’opportunité pour une personne de poursuivre son objectif et de cultiver ses talents, autant pour son propre bien-être que pour celui de sa famille et de la communauté où il vit ; la potentialité pour quelqu’un de devenir riche sans pour autant vendre son âme au Diable ou à des associés du Diable…
 
 Comment sont vos rapports avec la mère-patrie ?
 
Haïti est mon pays natal et le sera toujours. C’est là que j’ai reçu les premières formations de ma vie d’adulte, c’est en Haïti que j’ai appris à lire et à écrire. Mes premiers instructeurs furent Haïtiens. C’est là que j’ai vécu mes souvenirs d’enfance et c’est là que j’ai appris à aimer. J’aime mon pays d’adoption, je lui dois tout le respect qu’il mérite et ferai tout mon possible pour élever très haut son honneur et contribuer à son bien-être. Cependant, je veux que le monde entier sache également que je reste amoureuse d’Haïti. “I am stuck on Haiti”.  Mon amour pour ma terre natale est négocié et scellé en-dessous des articles d’un Contrat d’ Amour à Perpétuité…
 
 Quels genres de support apportez-vous à l’alma-mater ?
 
“To Whom much is given, much is required”
La création de APHEC INTERNATIONAL, INC. (The Anna Pierre Health Education Center) “The People’s Clinic” en 1990 – un centre de santé communautaire où, comme infirmière j’ai contribué à la santé de mes frères et sœurs vivant dans le Sud de la Floride en offrant gratuitement des tests de dépistage du diabète, de l’hypertension, du cancer chez les hommes et les femmes, etc. et le suivi d’arrangement pour séances de traitements ;   mes années de présentations à la Radio et Télévision sur la promotion de la santé et la prévention des maladies ; les nombreuses colonnes/articles invitant à rester en bonne santé, que j’ai publiés sur nos journaux et magazines Haïtiens et Américains, ainsi que mon initiative: « Yearly Father’s Day Celebration »,  pour honorer nos pères Haïtiens et  promouvoir les valeurs familiales … tout cela résume ma façon d’apporter mon support à Haïti.
 
 La musique, surtout votre « smash-hit » des années ’90,
suk1bonbonm », vous a propulsé, peut-être, malgré vous ou a votre grande et agréable surprise, dans le monde des « people ». A partir de ce tube, populaire tant dans la diaspora qu’en Haïti, tout le monde vous réclamait partout a cors et a cri. Parlez-nous un peu de votre carrière musicale, les débuts, les bons et vos moments de votre vie d’artiste ?  Nous avions également oui dire que vous avez changé de cap, autrement dit les textes de vos chansons sont beaucoup plus spirituels et évangéliques, si oui, pourquoi ce virage a 180° ? Avez-vous connu une  déception sentimentale qui vous a bouleversé votre vie ou autre chose… ?
 
Je peux dire que chanter est l’un des talents dont Dieu m’a gratifié. J’aime chanter et la musique est l’une de mes passions. J’ai fait mes premiers débuts artistiques  au Trou -du -Nord, cette petite ville du Nord d’Est, d’Haïti – comme choriste à l’Eglise Paroissiale et sur la scène de la Salle Paroissiale de la même ville. En dépit de ce désir datant de mon jeune âge, de faire carrière comme chanteuse, ma mère comme toutes les mères Haïtiennes de l’époque me porta à m’engager dans une profession qu’elle qualifiait de “noble”, une profession qui pourrait combler mes besoins ainsi que ceux des enfants auxquels j’aurais à donner le jour.
 
sukCe n’est que des années plus tard, en 1987, après ma graduation à « Miami Dade College School of Nursing » en Floride comme infirmière, que j’ai renoué les relations avec mon premier amour, qui est la musique. Mon premier album contenant la chanson fétiche Mete Suk Sou Bonbon’m  fut produit en 1989 et le public en général, ainsi que les fans de « CANALPLUSHAITI ONLINE NEWS »  et Radio CANAL+HAITI connaissent l’histoire de cette chanson. J’ai produit par la suite 3 autres albums – Pa Vin Rete Kè-m / Don’t give me Heartache, Pa Fè-M Sa Konsa et le plus récent, Papa-M Se WA / My Dad Is A King, un album de chansons évangéliques a été publié en 2011
wa1J’ai toujours été une personne spirituelle.   On peut constater ceci par la publication d’une chanson à caractère religieux dans chacun de mes trois premiers albums et par la façon dont je m’habille. Vous parlez d’un virage de 180 degrés… il n’y a pas eu de changement drastique dans ma vie de chaque jour. Les gens qui me connaissent de près, si vous arriverez à leur demander  de parler de moi, de ma vie privée, ils vous diront que je suis une femme qui aime, qui respecte et croit en Dieu. Une femme qui aime aider les autres et qui  voit les besoins de sa communauté avant tout.  Je dois ajouter que ma chanson « Mete Suk Sou Bonbon-m » est interprétée par certains comme une chanson érotique très piquée, pendant que d’autres la considèrent comme une peinture de Picasso. Un phénomène qui m’a cataloguée dans une classe toute spéciale étant qu’artiste. Dieu a fait de si grandes choses dans ma vie, j’ai voulu lui rendre gloire et inviter mes fanatiques et admirateurs à faire de même. C’est la raison pour laquelle mon dernier Album consiste de textes purement spirituels et évangéliques. J’ai connu de bons moments à travers ma vie d’artiste et j’ai reçu beaucoup d’Honneurs et de Trophées.  Je n’ai pas connu de déceptions sentimentales qui aient bouleversé ma vie. Du moins pas encore…. Lol !
 
papa1 Aimeriez-vous retourner vivre définitivement en Haïti, si oui, sous quelles conditions ; sinon, pourquoi  ?
 
Bien sûr !  Cela me ferait grand plaisir de me voir en Haïti pour y passer mes vieux jours. Je laisse tout entre les mains de Dieu qui a le contrôle de ma destinée. Cependant après toutes ces années d’investissements, je serai forcée de quand même partager mon temps entre Haïti et les USA.
 
 Parlez-nous un peu de vos bons et mauvais souvenirs d’Haïti ?
 
Ma maman, une commerçante passait de longues heures en dehors de la maison, au marché public pour pouvoir joindre les deux bouts. Ainsi il était coutume pour les autres enfants du quartier dont les parents avaient les mêmes routines, de se rencontrer pour jouer ensemble, bénéficiant de l’amour  et de la surveillance des autres mamans en l’absence de la sienna.
 
Ainsi, je peux dire que j’ai plus de bons que de mauvais souvenirs d’Haïti. J’ai grandi dans une famille de neuf enfants dont je suis la troisième. Ma maman, (une des meilleures) a su inculquer en moi des valeurs qui font de moi la femme que je suis aujourd’hui. La prière et les repas en famille, la prise en charge du fonctionnement de certaines parties de notre maison – quoique qu’encore enfant –  et recevoir une rémunération de ma mère pour du travail bien fait, les représentations théâtrales des vacances d’été auxquelles j’ai pris part et dont j’ai gardé de beaux souvenirs, Tout cela, oui, a grandement contribué à me laisser de bons souvenirs d’Haïti.
 
zzQuels sont vos espoirs pour la jeunesse haïtienne ?
 
…Mes espoirs pour la jeunesse Haïtienne…
Les jeunes sont notre avenir en Haïti et dans la Diaspora. En tant que nation, en tant que pays, lors  de la bataille de Vertières le 18 mai 1803, un exemple important était tracé en montrant au monde entier que notre devise est “L’union Fait La Force”.  Que ce soit en Haïti ou dans la Diaspora, nous devons apprendre à nos jeunes à collaborer, à travailler ensemble tout en mettant l’emphase sur l’importance du respect mutuel, de la détermination et de la consistence.
 
La vie n’est pas facile. Cependant en s’entraidant je pense que la jeunesse Haïtienne parviendra à réaliser quelques uns de ses objectifs.
 
you1  Quels conseils donneriez-vous à la diaspora haïtienne concernant son pays d’origine ?
 
Selon le 2012 USA Census, le nombre d’haitiens vivant dans la Diaspora est de 606,000.
 
Chaque individu ou groupe (à partir de leurs expériences et modes de vie) a sa façon de voir les choses. Je suis chanceuse d’être parmi ceux qui ont accès à des groupes de personnes (organisations, membres d’églises ou groupements politiques…) En entendant parler les gens, je réalise que chaque individu a des idées, des conseils et solutions pour faire marcher Haïti. Maintenant, la question reste de trouver comment aboutir à un consensus ou comment utiliser les meilleures idées, conseils ou solutions pouvant aider le pays à avancer. Dieu seul le sait…
 
 Votre vie est-elle une réussite, autrement dit, avez-vous réalisé le rêve de votre vie ?
 
Tant qu’il y a vie, il y a espoir. Je rends gloire à Dieu pour tout ce que j’ai déjà réalisé sur cette terre. Cependant, j’ai encore des rêves … et mon rêve le plus cher n’est pas encore réalisé. Ce n’est pas un péché de rêver, mon ami !  Au contraire, rêver est bon pour la santé mentale !
 
 CANAL+HAITI ONLINE NEWS & Diasporama-Haiti vous remercient pour votre support dans le cadre de la liberté d’expression.
 
 
Crédit: CANAL+HAÏTI/DIASPORAMA-HAÏTI
Propos recueillis par Andy Limontas pour la Chronique « Diasporama » de CANAL+HAITI
 
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