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Louis-Philippe Dalembert, lauréat 2017 du Prix France Bleu .

mardi 5 mars 2013

Lettre de Montréal – 4, Émission «Samedi Magazine»…Débat sur le français.

Montréal, Samedi 7 juillet 2012

Suite au « Premier Forum Mondial de la Langue Française » qui vient de se tenir à Québec, il y a eu un débat à l’émission « Samedi Magazine » avec quelques invités.

C’est absurde de dire que l’anglais ne fait pas de tort au français. Quand j’étais en Haïti, je devais faire très attention pour que le créole ne corrompe pas mon français. Ici, très souvent, je corrige mentalement ce que j’entends à la radio de peur d’attraper les anglicismes et les incorrections grammaticales des Québécois. L’emploi de l’anglais ne peut qu’appauvrir le langage des jeunes. Quand ils se servent du mot « cool » pour tout exprimer, n’est-ce pas lamentable? Certains adultes les imitent. Pour faire jeune sans doute. Que de fois le linguiste de Radio Canada a indiqué plusieurs mots français qu’on devrait utiliser à la place d’un terme anglais. La langue française est très riche, comment expliquer ce besoin de recourir à l’anglais ? Il fut un temps où les Québécois devant travailler en anglais ignoraient les termes français. C’est de moins en moins le cas. La loi 101 a mis bon ordre à cet état de choses. Et l’Office de la Langue Française a publié des opuscules donnant l’équivalent français des mots anglais qui avaient cours dans le domaine industriel, l’automobile etc.

Trop souvent les gens ici utilisent des mots français mais avec une construction anglaise. Ce qui pour moi est le pire. C’est vrai que les Français, probablement par snobisme, truffent leurs phrases de mots anglais. Mais cela ne nuit pas à leur construction; leur syntaxe n’est pas touchée. Les termes restent anglais. Ils écriront « gay » et non « gai » pour dire « homosexuel ». Ici, je n’ose plus employer l’épithète « gai » que les homosexuels se sont appropriés de peur qu’il n’y ait confusion. On ne peut plus dire « le gai savoir ». Fatalement, la plupart des gens penseront qu’il s’agit de savoir homosexuel! Mais comme je l’ai dit plus haut c’est la syntaxe, c’est le génie de la langue française qui est malmené. Je souffre d’entendre: « en autant que » traduction de « in as much as ». Il semble que personne ne connaît ici l’expression : »dans la mesure où… » Les gens ne se gênent nullement pour conjuguer à la française des verbes anglais. Ainsi « focus » devient « focusser » et bien d’autres. C’est une déplorable paresse que de ne pas se donner la peine de parler sa langue correctement. Et voilà que le Gouvernement québécois a eu la brillante idée d’exiger que l’anglais soit enseigné dès le primaire. Imaginez le mal que cela va causer à l’apprentissage du français qui déjà se fait plutôt mal.  Quant à l’orthographe…C’est une catastrophe. Je suis sidérée quand je lis les commentaires des gens à propos des articles sur le web.

Les Montréalais ont bien des fois chanté la merveilleuse chanson d’Yves Duteil : La langue de chez nous. Je me souviens de la grande émotion de tous, une nuit de la Saint Jean, (fête nationale du Québec) quand sur l’estrade les chanteurs invités ont entamé les paroles si poétiques et si émouvantes. J’avoue que j’ai eu des larmes aux yeux. En voici quelques-unes:

       C’est une langue belle avec des mots superbes
      Qui porte son histoire à travers ses accents
      Où l’on sent la musique et le parfum des herbes
      C’est une langue belle à l’autre bout du monde
      Une bulle de France au nord d’un continent
      Sertie dans un étau mais pourtant si féconde
       C’est une langue belle à qui veut la défendre
       Elle offre des trésors de richesses infinies…

Comment cette langue superbe qui permet de tout exprimer peut être vue comme une langue d’anciens colons, une langue opprimante?  Je crois que mon vrai pays c’est ma langue, et cette langue c’est le français.





Credits : Nadine Magloire/CANAL+HAITI

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