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Louis-Philippe Dalembert, lauréat 2017 du Prix France Bleu .

mardi 10 décembre 2013

Haïti/Usa/Diasporama: Hommage à Murielle Leconte, la rage au coeur, Interview exclusive !


Qui est Murielle Leconte?

Dans cet article, nous comptons découvrir ou redécouvrir sur une autre facette, un Monument, une perle rare, un Patrimoine pour la République d’Haïti: Murielle Leconte…
un nom qui suscite fascination, admiration et…interrogation, dans tous les milieux où elle passe, tant en Haïti qu’à l’étranger. Qui s’aventurerait de ne pas aimer cette personnalité généreuse et entière. Perfectionniste jusqu’au bout des ongles, elle ne fait jamais les choses à moitié.Actuellement, Madame Leconte réside, malgré elle, le cœur déchiré à Miami, Floride (USA), dans une situation très compliquée.
Qui est Murielle Leconte?
Ingénieure de formation, Professeur, Artiste, Designer, Artisan, Danseuse, hors du commun…Nonobstant cette batterie de qualifications, elle est loin d’être égoïste , possessive ou prétentieuse. Bref, compte tenu de ses potentialités, sa célébrité, sa valeur marchande, elle ne fait jamais la grosse tête. Elle garde son humilité, en toute circonstance. Égale à elle-même et ses convictions, elle ne se fait jamais prier pour venir en aide et partager ses connaissances avec  ceux et celles qui en ont besoin. Sa générosité n’est pas discutable. Sans condition, elle apporte toujours son support à tous les jeunes qui lui en font la demande. Tout au long de ses 23 ans de carrière, dans le stylisme, à la tète de son entreprise « Murielle Créations », elle a toujours voulu que l’haïtien et l’haïtienne de tous les horizons, garde son haitianité, bref son authenticité, surtout au niveau du comportement et de l’apparence physique dans les fêtes mondaines, sociales ou religieuses.
Qui est Murielle Leconte?
Le 8 décembre ramène l’anniversaire de naissance de notre designer, le 8 décembre c’est également la date de la fondation de « Murielle Créations ». La créatrice aimerait fêter de façon grandiose ce double anniversaire, avec le soutien de quelques proches et de quelques disciples de Caius Cilnius Mæcenas, nous voulons parler de l’ homme politique romain et protégé de l’empereur Auguste, qui fut célèbre pour avoir consacré sa fortune et son influence à promouvoir les arts et les lettres. d’où les mots, mécène et mécénat.
Malgré tout, au fur et à mesure que cette date approche, notre artiste qui a tant donné à la Culture haïtienne ne sent pas l’élan spontané des siens et de certains ayants droit qui lui sont redevables, en un mot, elle ne sens pas la réciprocité… ? 

Notre icône est actuellement en difficulté! Pourquoi cette affirmation, vous demanderiez vous, perplexe. Jusqu’à l’Année 2009, notre artiste flirta avec le bonheur. Mais hélas, un bonheur ne vient jamais seul…

Depuis plus de 3 ans, notre modèle se bat du bec et des ongles contre un vilain cancer…et depuis lors, elle vit dans un cauchemar,  un spiral d’abandon, d’incompréhension et un mal d’amour terrible et imprévisible provenant surtout de certains proches : « … Les problèmes affectifs existent chez chacun de nous, je peux être trop sensible mais il faut savoir que la solitude est très dure et je n’étais pas habituée à des situations pareilles… » 

Qui est Murielle Leconte?

Toute la vie de Murielle, depuis sa tendre enfance jusqu’à nos jours, surtout, en dépit des apparences joyeuses, reste un perpétuel combat. Optimiste au paroxysme, elle gagne souvent contre les vicissitudes de la vie qui ont toujours été ses différents sparring-partners et des compagnons familiers et fidèles, malheureusement.

Depuis 3 ans, disions-nous, Madame Leconte vit dans la précarité, due aux arrêts subits de ses différentes activités professionnelles et sociales, émanant de ses graves problèmes de santé. N’ayant rien à cacher, dans cet entretien exclusif, elle met à nu toute sa vie, dans tous ses aspects, elle parle sans ambages pour ses fans, les curieux et surtout ceux qui voudraient connaitre toute la vérité. Vous allez pouvoir découvrir sa vraie personnalité. Elle dit ici, ce qu’elle n’a jamais osé dire auparavant, dans ses interviews antérieures.

Les élites de la société civile et les différents gouvernements haïtiens se sentent toujours fiers et font souvent leur capital politique, en apprenant les succès en terre étrangère de nos artistes, sportifs, écrivains ou autres intellectuels, mais ils ne sont pas encore prêts à renverser l’ordre des choses, à savoir, mettre les structures nécessaires et indispensables, pouvant permettre à Haïti d’avoir des valeurs sures à tous les niveaux dès la prime jeunesse et surtout assurer leur avenir, en implantant ou implémentant les infrastructures adéquates. Ils s’amusent à répéter qu’il n’existe pas de génération spontanée et préfère s’adonner à des critiques acrimonieuses à l’endroit d’une célébrité se trouvant brusquement dans une situation économique laissant à désirer, au lieu de prendre leur responsabilité en les encadrant et en réfléchissant sur des projets d’envergure qui pourraient assurer un lendemain meilleur à tous les professionnels Haïtiens.

Après chaque performance, de nos ambassadeurs (trices) culturel(les), dans une certaine euphorie, on entend régulièrement des promesses de nos dirigeants qui restent, souvent, lettre morte. Si les autorités étatiques compétentes prenaient leur responsabilité en dotant le pays de législation et de cadres pouvant passer de la parole aux actes, on éviterait le recours au fundraising,  quand une haute personnalité du monde culturel ou autre, du calibre d’une Murielle Leconte, se trouve en crise pécuniaire, pour une raison ou une autre.

Toutes ces considérations sont faites en tenant compte qu’il soit grand temps de tirer la sonnette d’alarme à qui de droit, nonobstant la réticence de certains VIP-décideurs , dans un cas similaire, qui pourraient rater une levée de fonds, en cas d’extrême urgence. De toute façon, la cagnotte doit être disponible au moment opportun. En attendant l’amélioration de cette situation qui perdure, nous croyons fermement, que pour tout ce qu’elle a fait de positif pour son pays, la courageuse Murielle Leconte mérite l’attention de tous.

Qui est Murielle Leconte?

Constatant son grand optimisme, pour approfondir la question, en guise d’hommage bien mérité et afin de mieux connaitre son passé, son présent , son futur, sa maladie… nous soumettons à votre appréciation, cette conversation à cœur ouvert qui saura répondre à la question-clé:   

Qui est Murielle Leconte?

ENTREVUE !

Murielle Leconte à sa Soirée-Hommage-Anniversaie, Moca-Café, Miami (Floride, USA), ce 8 décembre 2013. Crédit Photo: Richarson Dorvil
         
            Madame Murielle Leconte, qui êtes-vous ? depuis quand, pour quels motifs et dans quelle(s) condition(s) avez-vous laissé votre pays d’origine pour vous établir définitivement en Floride?
Je suis Murielle Leconte ING de profession, PDG de « Murielle Créations », depuis tantôt 23 ans. Depuis 3 ans, j’ai dû laisser mon pays, car j’avais toujours des douleurs intenses au niveau de la taille, d’autres médecins en Haïti que je suivais pour ce problème, me parlaient d’Arthrite, de problèmes sciatiques en me donnant des pilules, des piqures justes pour atténuer les douleurs qui devenaient persistantes. Après avoir fait des radiographies sur l’ordre d’un des médecins , tout ceci a été fait et j’ai été voir mon médecin avec les résultats, je lui ai dit que moi je n’allais plus rester comme cela avec ces douleurs que j’allais partir à Miami, faire d’autres examens pour savoir ce dont il s’agit, alors il a été d’accord avec ma décision et me dit d’aller voir mon beau-frère qui pourra m’aider. Je partis seule avec une mallette, juste pour le mois de vacances que j’avais pris pour mener à bien cette série d’examens, que j’avais décidé d’entreprendre avec les pauvres moyens que j’avais à ma portée et je suis partie avec mes économies dans le seul but de connaitre la vérité en ce qui concerne ces maudites douleurs. 

 2.                Avant de poursuivre, en profondeur, avec les problèmes inhérents à votre maladie, nous voudrions vous demander: Votre enfance a-t-elle été heureuse, sinon, pourquoi ?
Feu, l’Ingénieur Richard Leconte
Si mon enfance a été heureuse ? je dois vous répondre sincèrement que je n’ai pas vécue mon enfance comme tous les enfants, étant une petite fille de parents divorcés, mon père n’admettait pas que ses enfants vivent en dehors de son toit, alors maman est partie vivre à l’étranger et nous avons dû suivre notre Père, je n’avais que 6 ou 7 ans, car je me rappelle avoir fait ma première communion dans ma nouvelle demeure et il n’y a pas eu de fête, ma grand-mère m’avait emmené à l’Église et m’avait donné quelques images et puis plus rien. J’étais à l’École « Externat La Providence », chez les sœurs et parfois à midi, mon père très occupé avec l’École qu’il venait de fonder oubliait de venir nous chercher à midi  et parfois le matin on était en retard et on disait toujours la même chose à la sœur,  de nous répondre : «… panne de caoutchouc encore…  (…)… Si vous habitez trop loin changer d’Établissement… », Disait la sœur. Je le disais à mon Père afin qu’il fasse des efforts, mais ce n’était pas de sa faute, il avait des cours à donner très tôt le matin et on n’avait pas de chauffeur. Je n’aime pas parler de mon enfance, car parfois cela me fait de la peine, mais je me rappelle toujours des fêtes de Noël même quand je n’avais pas de cadeau et je n’étais pas la seule. Je me rappelle que l’on jouait ensemble parfois, mais mon Père étant très studieux exigeait que nous le soyons tous. j’ai grandi, changé d’École , je devenais plus grande et après mon certificat, je suis allée au « Collège Marie Anne », j’ai passé le reste des Années jusqu’à mon Bac 2 et déjà, j’avais commencé à donner des cours de Topographie Pratique à L’Université car pour ce faire on demandait le Bac I, j’aimais ce que je faisais et les Étudiants étaient satisfaits de mon travail, à ce moment la j’avais des Étudiants qui étaient des militaires, (colonel, Lieutenant, général) cela m’amusait un peu car j’étais plus jeune qu’eux. Je profitai aussi de l’occasion pour y faire mes classes Universitaires. J’ai aussi travaille à la Direction avec mon Père, Feu L’ING Richard Leconte et ma Belle-mère Mamie Nicole c’est comme cela que je l’appelais. J’aidais en tout à la Direction jusqu’à la mort subite de mon père  et la j’ai su que je n’étais plus une petite fille, que j’allais devoir organiser seule ma vie. Je ne peux pas vous raconter le reste et vraiment vous répondre à cette question, c’est si malheureux et difficile de vous dire si mon enfance a été heureuse…

        Maintenant, nous savons que vous êtes aux USA pour de sérieux problèmes de santé, mais parallèlement, menez-vous d’autres  activités ? Par exemple, Professionnelles, sociales et/ou universitaires, là où vous êtes?
Avec ce problème de santé je ne pouvais rien faire que chercher à savoir ce que j’avais et encore comment pourrais-je prendre part à certaines activités que ce soit professionnelles ou Universitaires?

              Comment avez pu déceler que vous aviez le cancer ?
Après avoir loué une chambre chez une amie à Miami, j’ai commencé avec l’aide de ma tante, qui me donnait les adresses pour certains examens, d’aller moi même m’enquérir d’autorisation pour pouvoir faire certains examens, je consultai des médecins haïtiens qui eux aussi m’ont dit que j’avais peut être des problèmes au niveau de la colonne, ils me fournirent des comprimés pour contre les douleurs, d’autres me dirent d’aller chez un chiropracteur pour faire des exercices qui étaient vraiment douloureux, ensuite je continuai à faire des « X-ray » à nouveau, RMI, Scanner tout cela en payant moi-même ces bordereaux, je ne dormais presque pas le soir et j’étais toujours seule à la maison car mon « amie »  était au travail, parfois elle était là mais en quoi pouvait-elle aider, j’avais acheté une ceinture pour m’aider avec les douleurs, une fois je suis sortie pour aller au Market, je suis tombé dans la rue et il a commence à pleuvoir je n’ai pu qu’accepter la situation et appeler un ami pour venir m’aider et j’ai décidé ce jour-là à appeler le lendemain mon seul frère qui vivait à Miami et lui demander :  « …s’il te plait peux tu venir me chercher et m’emmener à l’hôpital, car j’ai trop de douleurs… »,  il appela sa femme qui l’accompagna et ils me conduisirent à l’ « Hôpital Memorial », dans la section Urgence et là, on rencontra une Haïtienne qui nous aida et m’injecta une piqure qui me soulagea avec ces douleurs, on commença à faire des tests sanguins et elle me dit : « …. tu sais on va te garder… », je lui demandai pourquoi et elle me dit afin que l’on fasse plus de tests pour déterminer les raisons de ces douleurs atroces. Et mon frère lui demanda de bien prendre soin de moi. Arrivée dans la chambre,  j’étais seule avec 2 infirmières et l’une d’elle pensa qu’elle parlait assez bas et je lui entendis dire : « … elle doit avoir le cancer?… »,  et je ne sus que faire que de me dire en moi même Cancer « …se pa maladi saa ki pagen remed la… ?» Je suis restée 15 jours à l’hôpital à faire toutes sortes d’examens pour m’entendre dire que j’ai le cancer « Multiple Myloma ! ». Et Alors, je remis ma santé à DIEU et finit par accepter intérieurement ce que j’avais, sans rien dire et remercier Dieu de m’avoir donné l’idée de partir pour connaitre cette vérité atroce que j’ai enduré seule, mon frère l’a su ainsi que ma belle sœur,  mais je ne savais pas comment ils avaient réagi dans leur cœur. J’ai du le dire aux quelques amis que j’avais et plus jamais je n’ai eu contact avec le net, la musique, la peinture… je m’adonnai à la prière, comme toujours , je ne voulais pas en faire de la publicité, car personne n’a jamais demandé en Haïti où j’étais passée, certains disaient que j’étais morte… Jusqu’à l’Article de Richarson Dorvil.

           Nous savons pertinemment que vous avez beaucoup d’admirateurs et d’admiratrices qui vous suivent et vous lisent en ce moment, sauriez-vous leur  parler un peu de votre maladie, comment se manifeste-t-elle, comment vous sentiez-vous avant, pendant et après les traitements ? Y-a-t-il un moyen de faire une prévention en ce sens ? à ce sujet, avez-vous un conseil à leur prodiguer?
    Eh oui, j’ai fini par me rendre compte que j’avais vraiment des Admirateurs et Admiratrices, comme vous le dites. Avant, en Haïti, depuis 20 ans, j’étais en location dans une maison à « Frères » et c’est là que je compris  que tout devenait à ma charge, loyer, énergie, eau, nourriture, je n’étais pas excentrique, je vivais simplement, sans l’aide d’autrui d’ailleurs je n’avais personne, je vivais normalement, je priais toujours et allais à l’Église chez les sœurs de Jacquet, je vivais sans excès, je travaillais depuis 27 ans, comme Ingénieur,  au MARNDR  (NDLR : Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rurales), avec un salaire de moins de Gdes 25.000 par mois. Je n’ai jamais eu la chance que l’on intervienne sur mon cas. « Murielle créations »était mon passe-temps favori, Je dessinais et peignais tout le temps, j’étais aussi invitée dans des soirées Artistiques, et aussi j’aimais danser la Salsa « Chez  Harry Policard », la vie continuait avec mes défilés, expositions, voyages pour exposer mes créations à l’étranger, ensuite tout changea.

 Je suivis les conseils des médecins et suivi tous les traitements que l’on me conseilla en premier lieu les radiations, après la Chimiothérapie avec les médicaments de toutes sortes et vint le pire le « Transplant »  qui devait décider de ma vie après DIEU, j’ai été heureuse d’être mon propre donneur, sinon qu’adviendrait-il de ma vie, où aurais-je pu trouver un donneur et attendre combien de temps? Après le transplant, je restai 6 jours dans le coma et là, j’ai eu la perte des cheveux tant de choses se sont passées, mais je crois que c’est DIEU et la prière de tous qui m’a sauvé, sans oublier mon frère et ma belle-sœur qui étaient présents durant ces temps-là.  Ma tante me donnait des conseils à ce niveau après le Transplant et que puis-je vous dire ensuite les traitements ne sont pas finis jusqu’à présent mais depuis un certain temps je vis seule cette expérience douloureuse chacun à sa vie, son travail et je remercie ceux qui peuvent encore me rendre visite. Le plus dur c’est de se rendre seule aux rendez vous à l’hôpital, je n’aimais pas m’entendre dire encore seule aujourd’hui? Prévenir ?  je crois que cela peut se faire si on prend à temps la maladie et si on connait les feuilles que l’on dit être bon pour tel ou tel autre Type de cancer. Conseils à prodiguer me dites- vous. C’est aller de temps en temps chez le médecin dès que vous avez un doute sur votre état de santé. Vous en remettre à Dieu, ne pas se décourager lorsque vous êtes au courant de votre cas, toujours prendre les médicaments, si c’est la chimio qui peut vous soulager faites-le, ayez l’esprit positif, ne pensez jamais à la maladie, jamais, n’attirez pas chez vous les idées négatives, écouter la bonne musique, lisez la Bible, essayer de faire ce que vous aimez le plus. Parfois il est très difficile de manger, on a l’envie de vomir tout le temps, Dieu n’est en rien responsable, ne le jugez point. Cependant n’ayez aucun ennemi, car c’est à ce moment que vous avez besoin de l’affection de tous. Soyez ferme et positif. PRIEZ …PRIEZ,  c’est votre premier remède et la foi en Christ. Dites Je ne mourrai pas, je vivrai et je raconterai les merveilles de l’Eternel.

            Être dans un « Nursing-Home » aux USA demande des débours financiers exorbitants, Malgré tout, Vous aviez pris la décision de vous y établir, pour pouvoir suivre les traitements que nécessite votre cas, est-il aisé pour vous de répondre aux exigences financières que requiert une telle entreprise ?
Comme vous le dites être dans un « Nursing Home » aux USA demande des débours financiers énormes, comment je ne peux y répondre aux dépenses. Je dois vous dire que l’État aux États-Unis vous donne la possibilité d’avoir une Assurance si vous aviez déjà 5 ans de Résidence, dans ce sens vous êtes éligible alors des que vous êtes a l’Hôpital et a été Admis, un« Social worker » (NDLR.- Travailleur social) déjà commence a vous poser des questions a savoir si vous êtes en mesure de prendre vos responsabilités. Quand vous donnez la vérité, on vous propose le « MEDICAID », une assurance à la portée de tous. J’ai eu la chance d’avoir appelée à temps mon frère  qui était disponible ce jour la et qui aussi m’a aide avec sa femme, car j’ai la mauvaise habitude de ne pas demander de l’aide aux autres et a quiconque. Ils m’ont assiste durant tout le début de ma maladie pour aller a l’hôpital, aux rendez vous. Je dois sincèrement vous dire que s’il n’y avait pas cette assurance je n’aurais pas eu les possibilités de payer quoique ce soit et je ne saurais demander a ma famille de payer pour moi, je n’ai pas de mari pas d’enfants et ma mère malheureusement n’a aucun moyen, la dernière fois ou j’ai failli mourir en Haïti c’est elle Manmie, ma Grande sœur , Maitre Céant, ING Abellard qui m’avait aide. Chacun a sa vie, ses responsabilités. Moi j’avais déjà dépensé toutes mes économies au début de ma venue a Miami, folle comme une évadée a aller par ici et par là chercher à savoir les causes de mes douleurs. Je remercie la femme de mon beau frère pour les autorisations pour avoir accès aux examens. Je dois aussi remercier ma tante qui a toujours été la des ma venue a Miami pour me donner des conseils concernant les examens à faire, ou trouver les meilleurs prix. Je remercie aussi l’amie qui m’a aidée a voir les médecins Haïtiens mais qui ne m’ont aide en rien.

 7.        Actuellement, Madame Leconte, vous traversez une période très difficile dans votre vie, vous sentez-vous combler ou négliger par des proches,  amis et/ou relations ?
Comme vous l’aviez si bien dit je traverse une période difficile de ma vie, est ce que je me sens combler ou négliger, si je dois vous répondre sincèrement au début de ma maladie, je me suis battue seule  mais j’avais quelques amis a partager mes douleurs quand ils ont su que j’avais le cancer je les ai vu plus souvent c’était toujours les mêmes, avec mon frère et ma belle sœur après mon Transplant il y a certains membres de ma famille qui n’avaient plus le temps de venir aussi souvent, j’ai commence a accepter ma solitude et me faire une raison, parfois c’est moi qui appelais pour demander de passer me voir et je n’aimais pas ça, et je sentais que je les embêtais un peu a Miami personne n’a de temps et je m’excuse de demander de l’attention parfois. je n’ai jamais aimé quémander quoi que ce soit et j’ai commence a souffrir en silence sans le dire. Certains membres de ma famille me manquent, mais que puis-je? Ma famille vit éloigner je reçois des appels parfois de ceux qui vivent au dehors, aussi des appels de certains amis qui vivent en Haïti j’ai été très heureuse d’avoir la surprise de la visite de tout un groupe de Radio Caraïbes, Du journaliste Richarson Dorvil, des Interviews de « Tichet Magazine » mais je ne veux pas citer de noms au cas ou j’en oublierais un, j’ai peur des reproches dans mon cas. Personne ne me doit rien même ma famille,          si quelqu’un décide de me laisser tomber c’est son choix c’est que jamais il n’a été sincère car dans la situation ou je me trouve comment puis-je avoir d’ennemis et des gens qui me reprochent, qui m’accusent je ne sais de quoi en tout il y a le dialogue et encore des avocats qui sèment la division au lieu de prôner la réconciliation. J’en ai marre de tout cela DIEU seul je peux dire ne juge pas, est toujours sincère. … »…LI PA JANM LOLO PITIT LI POU LI KA PRAN ON BAGAY NAN MENL et ensuit kitel tombe… »

 En Haïti et dans la Diaspora, plus d’un présume que vous faites partie des légataires universels de Feu votre père, Richard Leconte qui, soit dit en passant, a laissé un patrimoine immobilier et culturel impressionnant, dont l’Université éponyme,  où vous faisiez partie du personnel enseignant, en tant que professeur de topographie. Comment expliquez-vous vos problèmes économiques actuels qui ne vous permettent pas de joindre les deux bouts ?
Comme vous le dites et comment vous le saviez , je ne sais pas mais je vous dirai que depuis que je suis malade cela fait déjà 3 ans je ne travaille pas à l’École et vous dites que je fais parti des légataires Universels de Feu mon Père, et en plus que je travaillais comme personnel enseignant oui, mais mon Père n’est plus tout a change et ce n’est pas à moi de décider , je n’ai rien a savoir la ou je suis et ce serait a mon frère de me mettre au courant . Comment puis je vivre la ou je suis ? eh bien comme je vous l’ai dit lorsque l’on dépend de l’Etat pour les dépenses de toutes sortes concernant les médicaments, nourritures, examens de toutes sortes c’est La « Medicaid » qui s’en occupe. C’est obligatoirement dans ce genre de place que l’on vous envoie après la sortie de l’Hôpital. Quand vous n’avez pas les moyens matériels personnels c’est ce qui se passe. Je remercie encore Dieu de m’avoir aide dans ce sens et ceux a qui j’avais demande de me conduire a l’Hôpital ce jour la mon frère et ma Belle-sœur.

  Mais, mise a part la « Medicaid », qui vous supporte(nt) dans vos différentes dépenses ?
Mes différentes dépenses concernant le « Nursing Home » et toutes les dépenses (examens, scanner, Transplant, Biopsie et autres) sont sur le compte de la « Medicaid », mais normalement étant donné que tous les héritiers sont supposes recevoir de l’École un salaire tous les mois c’est ce qui m’aide pour mes autres dépenses personnelles, car vous devriez savoir que la nourriture la ou je suis n’est pas (mangeable) alors il faut que je m’en occupe certaines fois ma belle sœur , ma tante et certaines amies m’en fassent l’honneur. Je dépense aussi pour autre chose le taxi, tout ce que une femme peut avoir besoin je dois aussi acheter régulièrement du jus, des fruits toutes sortes de choses car on est limite la ou je vis. Personnellement je recevais des cadeaux de mon frère,comme parfums, sandales /chaussures (je ne porte plus de talons) , bijoux Fantaisistes, des foulards de ma belle sœur, sac a main mais je ne profite jamais des autres et jamais je ne ferais de demande , d’autant plus que je suis malade. Je les remercie mais c’est du passe je crois maintenant.

Hormis les problèmes affectifs et financiers, quels genres de difficultés rencontrez-vous chez l’ « Oncle Sam »?
Les problèmes affectifs existent chez chacun de nous, je peux être trop sensible mais il faut savoir que la solitude est très dure et je n’étais pas habituée a des situations pareilles, je vivais seule chez moi certes avec ma filleule pendant un certain temps mais je fonctionnais 24/24 pour occuper mon temps. Si parfois je me plaignais pour voir du monde près de moi maintenant cela ne me dis plus rien, je reste indifférente à l’indifférence d’autrui à mon endroit.Les conseils d’amis sur « Facebook » m’aident beaucoup. Je prie fort afin que DIEU m’aide à l’accepter dans ces cas la. Parfois on a l’impression qu’on a des amis pour ce que vous êtes, et ce que vous pouvez offrir. 

 J’ai muri  et je fais l’expérience de la vie avec tous sans exception et parfois on s’aperçoit que l’on a rien perdu. Je remercie pourtant tous mes amis de Facebook qui le soir me visitent sur ma page, m’écrivent des mots réconfortants. Je veux dire un sincère Merci a Miss Lambert qui prend son temps pour m’emmener à l’Église tous les Dimanches. Merci de tout cœur.

Pouvez-vous éclairer notre lanterne et celle de nos internautes en nous parlant de vos projets en perspectives ?
Pour vous dire, je pourrais en avoir des projets en perspectives mais on ne peut rien sans argent et ceci pour tout le monde, mais je voulais organiser une expo en décembre pour mon anniversaire, continuer avec « Murielle Créations », mais j’attends jusqu’à présent l’Aide que m’avait promis  Mr Le Président Martelly lors de sa visite au « Nursing Home », la ou je suis avec Rodrigue Millien et je le remercie encore. Je l’attends toujours et je suis patiente quand on doit me donner. J’ai aussi l’envie d’organiser Cette soirée dénommée : « J’AI LE CANCER », pour parler de ce fléau et de présenter un Défilé de Mode avec nos Designers Haïtiens(S »ILS sont d’accord) avec les différentes couleurs de costumes qui identifient diverses types de cancer c’est a suivre…

  Madame Murielle Leconte, pourriez-vous  nous faire la genèse de votre entreprise  « Murielle créations »? Au début, quels ont été vos objectifs ? Quid de la situation actuelle de cette compagnie ?


Je ne peux pas parler d’Entreprise, car après avoir visite des Entreprises je me trouve minime mais « Murielle créations » a été créé le 8 déc. 1990 cela fait déjà 23 ans. Nous avions pour but de créer une ligne de vêtements peints pour hommes, femmes et enfants,  sans oublier les accessoires sacs a main, bijoux en cornes peints aussi a la main, tout ce que je fais doit avoir de la peinture, c’est ma spécialité, . J’y ai beaucoup travaille toute seule avec quelques couturiers, moi je peignais jusqu’à former un partenaire qui maintenant a 15 ans avec moi, mais les pièces uniques ne peuvent être peintes que par moi même. Nous avons participé à beaucoup d’expositions et de défilés dans La Caraïbe, a Miami, a St Domingue et je dois aussi citer la « INDEPCO » pour m’avoir aide dans la réalisation de mes sacs a main car je n’ai pas encore ces machines pour confectionner moi-même mes sacs, tout le monde n’a pas la même chance . Je n’ai jamais pu trouver de sponsors en ce sens, ni de prêt d’argent pour agrandir ma petite entreprise. Je remercie aussi Mme St Lot de « Femmes en production », pour avoir cree cet event qui nous permet d’exposer nos produits et d’en faire la promotion. Maintenant je n’y pense plus ma dernière participation fut aux Bahamas, lorsque j’étais l’une des gagnantes de « SEAL OF EXCELLENE », je l’avais gagne pour Haïti, mais tout le monde est reste indifférent, mais ensuite les autres Designers ont suivi la même route. et je me souviens que cela coutait cher d’y participer mais j’ai tenu bon et je suis parti avec l’aide de Dieu. Apres le « earthquake » (NDLR.- Séisme du 12 janvier 2010) je n’étais pas en Haïti et tous parlait de ma mort, certains que j’avais laisse le pays j’étais une lâche alors qu’ils ne savaient pas combien je souffrais c’est pour cette raison que j’avais garde le silence, je souffrais dans mes tripes mais je ne voulais pas la pitié de quiconque. Pour le moment je préfère penser a ma guérison quoique j’ai répondu a l’invitation de certains amis en décembre qui faisait pour moi pour la première fois une soirée de support et ensuite avec l’aide de Mme St lot et de quelques sponsors j’avais participe a l’exposition de Femmes en production en Mai dernier, c’était très difficile car pour acheter les tissus, la peinture, la couture il a fallu faire des débours énormes. Je remercie ces gens qui m’ont supportes et m’ont permis d’y participer. je ne peux pas citer de noms. Je ferais trop de jaloux et oublier un nom causerait tellement d’ennui.

 Quelles sont vos impressions générales sur les visites-éclaires que vous effectuez ces derniers temps en Haïti, durant votre rétablissement?

J’ai eu comme l’impression que j’étais la bienvenue, on était content de me revoir même les plus démunis me tendaient la main à ma sortie de l’aéroport et j’étais si heureuse alors, je m’attendais à voir d’autres personnes considérées comme des amis, mais je préfère croire au manque de temps que l’indifférence à me voir en vie. C’était une merveilleuse expérience que de vivre cette soirée organisée par le comité Staff de Tropicana qui lui aussi a été le premier à me donner son support, Maitre Céant, Jean Max Bellerive, Marie Laurence Lassègue, (au début de ma maladie), le Comité pour cette soirée organisée, ceux qui m’ont offert des tableaux pour être vendus aux enchères, Les Designers faisant parti du Staff pour m’aider pour l’expo. « Break Time », « Karibe Hôtel », pour ma deuxième venue en Mai a l’expo, j’étais aussi heureuse et chacun venait me saluer sur mon stand et tout le monde n’était pas toujours content de mon bonheur durant ces deux journées, j’avais cesse d’avoir mal a revoir tant de monde m’entourer. Je veux quand même remercier ceux qui m’ont permis d’être la. Mme Danielle St Lot, Marie Lucie Bonhomme, Consulat d’Haïti à Miami, American Arlines, Mme Magalie Racine, Le Ministère de la Culture, DGI, Unibank, Ministère du commerce, MARNDR, Je devais être accompagné de 4 personnes, faire les achats des tissus enfin de tout, ce support m’a aide d’une certaine façon pour réaliser cette expo. Encore Merci a tous les médias, Tatiana Simon, mon Assistante, Reginald Scott, Rose Laure Claude, Maitre Junior Mentor, Islande Kersaint Nurse, tous ceux qui m’ont aidéà faire la promotion à travers les médias, « Info Fiable », Télés, Journaux. Mon beau frère et son frère Médecin à Miami.

 Ils ont toujours été la. Les couturiers, Bernard Crepin, Les acheteurs, si par oubli je n’ai pas cite un nom Pardonnez-moi.

Après votre convalescence, comptez-vous rester aux USA, ou qu’est-ce qui pourrait vous inciter  à revenir vous établir  définitivement, chez vous, en Haïti?
Après mon Traitement, je réfléchis encore à savoir quoi faire, retourner chez moi ou rester à Miami, Je veux être chez moi mais je devrais avoir un travail stable, car je n’ai plus rien, jamais eu de maison personnelle, il faudrait tout recommencer à zéro seulement avec l’aide que je recevais de L’Université Leconte, si toutefois cela tiendrait toujours d’autant plus que depuis tantôt 6 mois je n’ai aucune nouvelle de ce frère et de ma belle-sœur dont je parlais tant. C’est à savoir qui j’aurais en Haïti à m’aider. A Miami si je suis encore sur le compte de l’État pour les suivis du traitement, il faudrait que je recommence avec « Murielle Créations », mais je veux avant tout témoigner de la Grandeur du Seigneur, Glorifier son nom pour avoir tant fait pour moi m’avoir protégé du pire, épargné de pleins d’embuches qui sait. Alors que je n’ai rien que mes créations, mon savoir-faire, et si vraiment le Président Martelly tient sa promesse, Alors déjà,  je suis au pays pour recommencer, travailler avec les jeunes, avoir une école pour aider tous ceux qui veulent évoluer dans un domaine quelconque. Ce sont des projets?

Côté cœur, êtes-vous heureuse ? Avez-vous des regrets ? Quelqu’un vous a-t-il  laissé des stigmates profonds et nombreux?
Je n’ai plus de cœur, avec beaucoup de regrets oui, mon Père avec sa jalousie a peut-être fait des erreurs en ce sens, j’ai eu tellement de stigmates de  nombreuses car j’ai été marié a un homme qui me maltraitait, je ne peux pas vous dire combien il était méchant, brutal, personne n’est intervenu à temps, Après très longtemps, j’ai eu d’autres relations pour ne pas être seule et chercher a connaitre vraiment l’amour, mais au début c’était toujours bien, mais après avoir vécu avec moi, ils ont su combien j’étais sincère ils ont change et profite de mes sentiments et de ma façon de les aimer, les gâter , j’étais généreuse et je donnais tout de moi-même.

  Sentimentalement parlant, avez-vous quelqu’un dans votre vie en ce moment ? Si oui, répond-il parfaitement à vos critères et attentes ?
Non depuis tantôt 10 ans… personne, cela en vaut-il la peine ? je n’ai jamais eu la chance de rencontrer des Hommes répondant à mes critères de choix, juste parce que je ne juge personne en apparence, je regarde l’éducation, la croyance en Dieu, et les atouts ce n’est pas nécessaire d’être riche mais avoir un idéal. Un niveau Intellectuel et aussi avoir un bon métier pour vous rendre indépendant. 

  Quelle relation développez-vous avec  la communauté haïtienne de l’endroit où vous vivez?
A Miami, là où je vis, je suis la plus jeune parmi les malades, heureusement les cna et les nurses sont à 70% haïtiennes et certaines me connaissaient déjà en Haïti Grâce a mon travail. Le social Worker Haïtien ne fait rien pour les patients il est plutôt indifférent, j’ai la chance d’avoir des amies parmi les nurses qui sont gentilles avec moi et aussi je me fais avec les patientes malades Haïtiennes qui sont vieilles de 75 ans, 80 ans, mais je les aide tant que je peux et partage tout ce que je peux, elles sont heureuses de m’avoir avec elles, et même ma roomate Mammie, elle est comme mon ange gardien et m’aide en tout, je suis comme sa fille elle n’a aucune famille que les sœurs de son Église. Certaines Haïtiennes agissent comme si elles étaient des étrangères avec les autres et c’est méchant, parfois je les regarde travailler et je me demande comment ferais-je si je ne pourrais pas prendre soin de moi-même. MERCI a Dieu pour me donner jusqu’ici la chance de tout faire, car même dans mon entourage personne ne m’a jamais aide a ce niveau de m’aider a me baigner etc….car j’avais oublie de vous dire que le cancer avait cause une fracture de la colonne avant qu’on ne le découvre. Alors cela me cause des douleurs extrêmes.

  Vos expériences ces dernières années à Miami, vous poussent à faire certaines réflexions concernant les rapports humains ? Qu’est-ce que vous appréciez chez les américains  et que vous aimeriez retrouver  chez vos compatriotes haïtiens, tant en Haïti qu’en Diaspora?
Je fréquente les Américains pour seulement les services qu’ils nous fournissent en tant que patient. Je trouve que les employés des hôpitaux sont toujours gentils a mon endroit, disponibles, toujours prêts a aider peut être ils sont formes pour cela mais ils le font bien, je n’ai jamais eu jusque la rien a me plaindre, D’ailleurs partout ou je passe je me fais des amies, des gens qui m’apprécient pour ma gentillesse, parfois quand je vais prendre le chimio je vais en tai ils me disent : « …you always are alone what Happen?… »Et cela me fait pleurer, c’est comme si je n’avais pas de famille. Une amie était entre d’Haïti et je lui ai demande de m’accompagner et elle n’a pas su supporter, elle pleurait et on l’a fait sortir,car ce n’est pas bon pour le moral des patients, Je remercie celui qui me conduit toujours à l’hôpital Jacques Sylvain. Alors que lui-même doit prendre le dialyse 3 fois par semaine.
  En ce moment, comment sont vos rapports avec  la terre de vos ancêtres ?
Pour le moment mes rapports avec la terre de mes ancêtres demeurent en « Standby », car là où je suis,  je suis très préoccupée par ma maladie, je pense toujours à mon pays, ce que j’aurais fait si j’avais les moyens, je prie pour ceux qui ont la Gouverne du pays et je prie pour que nous soyons un jour unis dans la paix, sans hypocrisie, sans destruction de l’autre, sans haine et discrimination. Si on faisait un retour en arrière pour revivre les exploits de nos ancêtres on souhaiterait être comme  l’un ou l’autre .
Aujourd’hui, quels genres de support apportez-vous, à votre pays d’origine ?
Je souris à votre question comment là où je suis je pourrais apporter un support à mon cher Haïti, j’y ai déjà donne tout moi-même durant toute ma vie depuis mon statut de professeur jusqu’à la création de « Murielle Créations », en travaillant avec les jeunes, Les Artistes, je ne sais que dire encore au contraire, je pensais que le pays aurait une pensée a mon endroit pour avoir tellement donne et n’avoir rien reçu. je ne demande pas c’est juste un rappel, si je n’étais pas malade je continuerais a donner encore de ma personne a ce cher pays qui m’a vu naitre, HAÏTI.
  Parlez-nous un peu de vos bons et mauvais souvenirs d’Haïti…Et ceux des USA, en général ?
En Haïti, je crois les bons souvenirs existent à partir du fait que j’ai toujours réalisé mes défilés avec amour, être toujours présente pour tous, ne jamais avoir a faire du mal a autrui, Les mauvais souvenirs sont beaucoup plus, les gens qui ne vous aiment pas a cause de votre travail, je me rappelle avoir été opéré par un médecin qui n’a pas su reconnaitre son erreur qui a failli me couter la vie. N’avoir jamais eu de sponsor à me répondre au niveau de l’État pendant les 20 ans de mon existence. Pour pouvoir êtreopéré lors de cette erreur commise par le médecin, j’ai dû vendre ma voiture, mes bijoux, mes tableaux a des soi-disant amis qui voulaient presque tout avoir a vil prix alors que c’était pour une cause urgente. A ce niveau,je regrette de n’avoir jamais eu l’aide de ma famille pour « Murielle Créations ».
 Aux USA,  je ne peux parler de souvenirs, sinon le verdict donne, lorsque j’étais à l’hôpital,c’était comme une douche froide reçue et j’ai apprécié cette décision de la part de l’État d’aider ceux qui ont la résidence même quand ils n’ont pas travaillé, ils peuvent être aide au niveau de la santé, mais avec des restrictions. Aussi un très mauvais souvenir, la mort subite de Gisèle Lissade, ma maman chérie qui habitait les USA depuis tantôt 46 ans et c’est arrive pendant que je suis malade. Aussi la mort subite de ma bonne amie Bernadette m’a beaucoup marque, elle a su pour son cancer après moi et est partie bien vite.
  Quels sont vos espoirs pour la jeunesse haïtienne  d’Haïti?
J’espère que la jeunesse de mon pays choisisse à suivre des gens qui ont œuvré pour que Haïti renaisse de ses cendres, a prendre comme boussole des gens qui sont des modèles à suivre à tous les points de vue, que cette jeunesse pense plutôt qu’a son éducation, son idéal pour demain qu’ils ne soient pas complexe dans le métier a choisir, pourvu que ce soit sa passion, Réussir sa vie est mieux que de se donner a toutes sortes de plaisirs, avoir le respect d’autrui, ne pas se diriger vers la corruption, la prostitution, Choisissez d’être aussi un modèle pour votre pays et surtout être fier de sa famille et d’être ambitieux dans le bon sens.
  Quels sont vos espoirs pour la jeunesse haïtienne de la diaspora ?
Je ne sais quoi dire pour cette jeunesse Haïtienne de la Diaspora, Tout est à recommencer, quand je vois comment agissent nos frères Haïtiens aux USA, les parents semblent avoir démissionné pour s’occuper mieux de sa maison, prendre deux boulots, oublier l’assistance qu’ils doivent à leurs enfants pour parfaire leur éducation, enfin, il faudrait prendre des mesures au niveau de la mairie de chaque zone à empêcher les enfants de se vêtir n’importe comment, de circuler à n’importe quelle heure, d’avoir le respect des parents, des professeurs et d’autrui, Ils ne savent rien faire à la maison, ils sont toujours à la mode et seuls leurs « IPOD » les intéresse ou « Facebook » pour faire autre chose ou ce qui pourrait leur être utile. Je demande aux parents de réviser l’éducation donne à leurs enfants en terre étrangère.
  Là où vous êtes, comment voyez-vous la situation sociopolitique en Haïti ?
Pour cette question je ne peux pas vous répondre car là où je suis, je ne fais pas de politique et même quand je lis les nouvelles je n’ai personne avec qui commenter ou discuter un sujet qui me ferait plaisir et je vois que chez nous on fait beaucoup plus de politique que de chercher a aider le pays a aller de l’avant. Souhaitons que le pays un jour soit uni pour de vrai et qu’il n’existe point de malentendus a tous les niveaux. Que le respect et la discipline règne au pays.
  Quels conseils donneriez-vous à la diaspora haïtienne concernant son pays d’origine ?
Je dirais à la Diaspora Haïtienne de chercher à promouvoir Haïti à partir de notre culture, nos sites pittoresques, notre histoire, eux aussi doivent savoir quand on dit Haïti ils en font parti, ils ne doivent en aucune manière dénigre le pays même quand ils se sentent plus en sécurité là où ils sont. qu’ils ne doivent pas laisser tomber la famille qui attend leur visite, on les attend pour investir au pays, participer à la reconstruction d’Haïti, et surtout promouvoir le tourisme.
Murielle Leconte, avez-vous réalisé le rêve de votre vie ?
Non je ne l’ai pas encore réalisé, mon Père est mort trop tôt, s’il y était encore, j’aurais eu un espoir mais je ne peux pas compter sur la famille, je le sais déjà, ils ne me doivent rien.
  Vous avez fait tant de bonnes choses pour le rayonnement du nom d’Haïti à travers la Planète, de votre côté êtes-vous comblée…n’avez-vous aucun regret ?
J’ai fait pour mon pays ce que je devais faire avec amour, sincérité, et aussi par devoir,tous nous avons comme mission de promouvoir HAÏTI, afin qu’on le voit autrement que ce qui est véhiculé à travers les médias internationaux. Alors je n’ai aucun regret,je n’ai jamais rien espéré en retour.
  Pour conclure avec ce sympathique dialogue, avez-un dernier message pour vos fans,  compatriotes,  le peuple, les officiels  et le  gouvernement haïtien, en particulier?
Mon dernier message serait de vous souhaiter la santé, la paix, l’amour pour autrui, le partage, le respect de l’un pour l’autre, la justice pour tous sans exception, chacun doit travailler dans un même but pour que Haïti soit couvert du manteau du Seigneur, afin que nos péchés a tous soient pardonne. L’Éducation pour tous et ne regardez pas l’autre avec dédain et ne vous croyez jamais supérieur a autrui,car tout peut arriver sans avertissement. La maladie est faite pour tous, je peux aujourd’hui être malade et être ignore parce que je ne peux en rien vous être utile, mais qui sait demain qui sera le suivant pendant que je suis en train de louer le Seigneur de m’avoir Guéri.
Je veux dire un merci spécial à ma tante chérie Florence Lissade Poitevien qui a toujours été là pour moi, m’a supporté à tous les points de vue depuis le début de mon cancer je voudrais lui dire combien j’apprécie d’avoir été là pour moi. Love U
Merci je n’en peux plus avec cette famille de jaloux pour un rien comme si ma santé n’était pas plus utile que tout.
  Murielle Leconte ‘CANAL+HAITI’  et ‘DIASPORAMA-HAITI’ vous remercient et vous souhaitent de tout cœur, un prompt rétablissement et du succès dans tout ce que vous aurez à entreprendre.
Je ne sais comment vous remercier et comment vous m’aviez trouve, Merci de votre support a mon endroit. Merci encore de vouloir ma guérison, Bon Travail et Bon succès dans toutes vos entreprises.
 Bien à vous et mes Respects.
IMPORTANT NDLR.-
Durant la cérémonie commémorant son anniversaire de naissance et de celle de son entreprise « Murielle Créations », à « Moca Café » à Miami, l’Icône a annoncé la meilleure nouvelle de l’Année 2013 à ses admirateurs et admiratrices, présents dans la salle, venus de partout pour la supporter.
Le cancer n’est plus retrouvé dans le sang de cette grande combattante!

Murielle n’est pas complètement guérie, elle doit suivre un traitement très coûteux pendant deux longues années pour se libérer définitivement de ce mal. 
Un cadeau divin pour célébrer ce double-anniversaire. 
Nous devons toujours la supporter, jusqu’à sa complète guérison. Plus que jamais, Elle mérite toute notre attention pour tout ce qu’elle a fait de positif pour Haïti.

Crédit: CANAL+HAÏTI/DIASPORAMA-HAÏTI
 Propos recueillis par Andy Limontas pour la Chronique « Diasporama » de CANAL+HAITI
email: canalplushaiti@yahoo.fr
Tous droits réservés@CANAL+HAITI, Novembre 2013

lundi 12 août 2013

Amour & Société: Amour vrai, 5 signes qui ne trompent pas.

Le mystère, la peur, l’aventure, le désir, le sentiment d’exister pleinement : cinq critères pour aider à mieux cerner ce qu’est l’amour vrai.
«Mais pourquoi restes-tu avec lui (avec elle) ? » Combien de fois avons-nous posé cette question à nos amis enlisés dans des histoires douloureuses ? Combien de fois nous sommes-nous demandés ce qui les poussait à persévérer dans des relations insatisfaisantes ? Non, c’est sûr, ce n’est pas ça, l’amour. Qu’est-ce que c’est, alors ? Un sentiment qui nous rendrait immuablement heureux ?
Certainement pas, nous dit la psychanalyse. L’amour, le « vrai », n’a rien à voir avec la sérénité. Même après le cap de la fusion des débuts, et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’amour, ce n’est pas pépère; ça chavire, ça secoue, ça nous lie mystérieusement à l’autre dans une épopée qui échappe à toute rationalité. Exploration de quelques signes révélateurs.

Trouver l’autre mystérieux

L’amour est un mystère pour ceux qui le vivent, un mystère pour ceux qui le regardent. Nous constatons, mais nous ne comprenons pas. Pourquoi ? Parce que ce qui nous lie à l’autre est inexplicable. Aimer vraiment, c’est aller vers quelqu’un, non pas seulement pour son image (sa beauté, sa ressemblance avec tel ou tel), ni pour ce qu’il symbolise (un père, une mère, le pouvoir, l’argent), mais pour son secret. Ce secret que nous ne savons pas nommer, et qui va rencontrer le nôtre : un manque ressenti depuis l’enfance, une souffrance singulière, indéfinissable. « L’amour s’adresse à notre part d’inconnu, explique le psychanalyste Patrick Lambouley.

Il y a un vide en nous qui peut causer notre perte, nous pousser à nous tuer. Eh bien, l’amour, c’est la rencontre de deux blessures, de deux failles, le partage avec quelqu’un de ce qui nous manque radicalement et que l’on ne pourra jamais dire. » L’amour vrai, ce n’est pas « Montre-moi ce que tu as » ou « Donne-moi ce que tu as pour combler ce qui me manque », mais plutôt « J’aime la manière dont tu essaies de guérir, ta cicatrice me plaît ».

Rien à voir avec l’hypothèse de la « moitié d’orange », déclinaison du Banquet de Platon (LGF, “Le Livre de poche”, 2008), qui nous voudrait incomplets parce que coupés en deux. L’amour nous rendrait alors « un » et heureux ! « C’est la cause de la faillite forcée de bien des couples, observe Patrick Lambouley. Quand certains s’aperçoivent qu’ils ressentent encore une insatisfaction, ils s’imaginent que c’est parce qu’ils n’ont pas trouvé l’homme ou la femme qu’il leur “fallait”, et qu’ils doivent en changer. Ce n’est évidemment pas le cas. » Aimer vraiment, c’est dire à l’autre : « Tu m’intéresses. »


Credit: PC 

mercredi 31 juillet 2013

Le "Kalalou-Gombo" est mieux que le "Viagra" !

Pitance réservée aux esclaves noirs des Etats-Unis, le gombo est considéré comme un aliment réservé aux pauvres. Selon les régions, il se consomme en soupe, en sauce, en salade etc. Mais, c’est sans connaître les vertus nutritionnelles et médicinales dont la nature providence a pourvu ce légume de couleur vert foncé à la peau ferme et recouverte d’un duvet soyeux.

QUELQUES USAGES DU GOMBO
Il a été découvert que cet aliment, ayant une forte concentration de vitamine " A ", est extrêmement bénéfique pour renforcer le muscle cardiaque et augmenter ainsi les sécrétions des glandes sexuelles, que ce soit chez l’homme ou la femme. Une sérieuse alternative au viagra, sans les effets indésirables.

le gombo entre dans la composition de divers produits pharmaceutiques. Ainsi, on utilise le mucilage substance visqueuse semblable à la gélatine) de ce légume pour fabriquer de la «pâte de Nafé» et du «Sirop de Nafé», deux produits pharmaceutiques utilisés comme pectoral contre les rhumes et les affections de la poitrine. Dans un article précédent, j’expliquais les bénéfices de ce même mucilage pour les cheveux naturels.

Aux Antilles, on attribue au gombo la vertu d’apaiser les troubles gastro-intestinaux dus à l’abus de l’alcool. Les propriétés antispasmodiques et le magnésium contenu dans ce légume auraient aussi un effet bénéfique sur le syndrome prémenstruel. Riche en fibres, le gombo est un allié de la digestion et a également un effet laxatif atténué par les propriétés antispasmodiques. Il combat la constipation s’il est consommé régulièrement en soupe, tandis que consommé cru, il soigne l’incontinence urinaire.
Les feuilles du gombo possèdent également des vertus. Ainsi, écrasées dans l’eau de bain, elles tonifient et leur jus soigne une peau irritée. En complément avec les fleurs et préparées en bain-marie, elles soulagent les ampoules aux pieds et aux mains.

La tisane faite avec les graines sèches du gombo est diurétique, elle aide à combattre les cystites et la dysenterie, l’irritation des intestins, l’hypertension, le diabète et les fièvres. Pour soigner la fièvre, on recommande de griller les graines sèches en poudre et de les faire bouillir quelques minutes pour donner aux enfants sous la dose d’une à trois cuillères à soupe.
En cas de constipation, couper le gombo vert en petits morceaux glissants. Les faire bouillir et boire. Les adultes doivent boire le liquide obtenu le matin et à midi. Le fruit contient une substance mucilagineuse utile pour épaissir soupes et ragoûts. Par ailleurs, les chercheurs Nutritionnistes attribuent au gombo la vertu de faire baisser le taux du cholestérol de 30 à 50%.      
Le fruit contient une substance mucilagineuse (de texture gélatineuse) utile pour épaissir soupes et ragoûts. On conseille généralement de choisir des gombos bien colorés de moins de 10 cm de long afin qu’ils ne soient pas durs. Le gombo se mange cru ou cuit et il fait partie de nombreux plats créoles et africains.
Conseils de prépara
tion des gombos :
Il est possible d’empécher la sécrétion de la substance visqueuse en blanchissant rapidement les gombos à l’eau vinaigrée.
Une autre méthode pour obtenir le même résultat consiste à faire tremper les fruits entiers dans de l’eau citronnée pendant environ 2 heures. Après avoir été lavés, faites sauter rapidement les gombos à l’huile très chaude. Utilisez-les ensuite selon la recette que vous préparez.
Credit: LDA/Mary

vendredi 26 avril 2013

Haïti/Québec/Duvalier: Au nom du père et du fils et de Saint-Nicolas!

Tentative de réhabilitation de Jean-Claude Duvalier (3e partie)
AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DE SAINT-NICOLAS…

Linguiste-terminologue
Montréal, le 26 avril 2013

Le Linguiste et terminologue, Robert Berrouët-Oriol
Cartes sur table. Au nom  de la liberté d’expression, du droit à la pluralité des voix dans l’espace public, les médias haïtiens peuvent-ils se permettre, aujourd’hui, de publier un manifeste pédophile, un texte antisémite, une apologie du racisme, un factum à la gloire du nazisme, une béatification de Mussolini et de Pinochet ? À bien comprendre ce que nous enseigne Albert Camus, –« tout est permis ne veut pas dire que rien ne soit défendu »–, y a-t-il un code éthique et déontologique appelé à encadrer la liberté d’expression dans les médias haïtien ? Dans mes domaines de recherche et d’écriture –la linguistique et la littérature–, ai-je le droit de diffuser, par exemple dans Le Nouvelliste, les bonnes feuilles du très grand écrivain français Louis-Ferdinand Céline tirées de ses œuvres antisémites ayant pour titre  « Bagatelles pour un massacre » et « L’École des cadavres » sans déshonorer mes amis Juifs et la mémoire des millions de Juifs massacrés par le système-Hitler durant la seconde Guerre mondiale ? Haïti dispose-t-elle aujourd’hui d’un dispositif juridique contraignant et punissant le délit d’apologie de crimes contre l’humanité dont le duvaliérisme, en Haïti, a constitué la machinerie infernale la plus aboutie ?

J’avais en tête ces questions taraudantes au constat que Le Nouvelliste de Port-au-Prince avait franchi la ligne rouge la fin de semaine du 20 avril 2013 en publiant un texte laudateur, mystificateur et négationniste d’un pâle descendant d’une lignée de dictateurs, un certain François-Nicolas Duvalier, petit-fils du tyran du même nom, le fondateur de la plus violente dynastie assassine de l’histoire nationale. Sans mise en garde de la rédaction, sans distance critique de sa part et certainement sans décence aucune, le Nouvelliste a ouvert avec largesse ses précieuses et si sélectives pages au dénommé François-Nicolas Duvalier en publiant, le 19 avril 2013, son hallucinant hommage ainsi titré : « In memoriam Dr François Duvalier, président à vie[1]». 

L’horreur. Le choc. La gifle. Cet article, qui s’inscrit tout naturellement dans l’actuelle entreprise defalsification de l’histoire nationale,  atteint de plein fouet les victimes et familles de victimes du duvaliérisme… Car la parole duvaliériste, qui a longtemps tyrannisé toute parole citoyenne, ne saurait être censurée par Le Nouvelliste, on l’a une fois de plus constaté ces derniers temps… Alors ils sont très nombreux, en Haïti comme en diaspora, les lecteurs qui s’estiment bafoués voire agressés par cet article, qui signe l’accompagnement consanguin et ouvertement hospitalier que le journal Le Nouvelliste –au motif de vouloir s’en tenir à un « journalisme objectif » soucieux de « donner la parole à toutes les parties »–, accorde à l’entreprise de réhabilitation du nazillon Jean-Claude Duvalier et du duvaliérisme. Une vive levée de boucliers contre cette entreprise négationniste, sur les réseaux sociaux, sur Facebook et dans les commentaires postés à même les pages (non encore censurées) du Nouvelliste, en a fait foi. Nombreux sont les internautes qui disent ouvertement non à la collusion incestueuse entre la lèpre duvaliériste et Le Nouvelliste. Plusieurs observateurs s’inquiètent d’ailleurs de ce qu’ils appellent « le pacte » qui semble avoir été conclu entre certains secteurs de la société, le PUN duvaliériste et des ayants-droits d’anciens régimes en embuscade qui veulent vassaliser la presse… Alors ce n’est pas la casuistique bluffante du rédacteur en chef du Nouvelliste qui saura embaumer le sentiment révulsif vécu par tant de lecteurs de ce journal au sortir du texte du petit-fils du tyran. « François Duvalier doit-il deux fois nous imposer le silence[2]? »brait le rédacteur en chef du Nouvelliste dans une sinueuse autojustification datée du 23 avril 2013. Certainement pas puisque la parole duvaliériste n’étant jamais censurée par le seul quotidien d’Haïti, l’apologie du duvaliérisme peut librement s’exprimer dans ce journal alors même que plusieurs voix citoyennes, qui s’opposent à pareille apologie, sont sans états d’âme l’objet d’une clanique et surtout politique censure au Nouvelliste[3]… En clair : contrairement à ce que veut faire croire le rédacteur en chef du Nouvelliste lorsqu’il tente malignement de se parer de l’aura intellectuelle de Georges Anglade, lire l’Histoire contemporaine d’Haïti d’un œil critique et libre, regarder en face le duvaliérisme n’autorise à aucun moment d’en excuser ni d’en justifier l’apologie dans Le Nouvelliste. Vouloir contredire ce principe éthique c’est déjà vouloir insulter l’intelligence des lecteurs du Nouvelliste. À ma connaissance, Le Nouvelliste est le seul journal haïtien qui censure des voix citoyennes (dissidentes) tout en donnant généreusement la parole, du même mouvement, aux voix duvaliéristes, à l’apologie du duvaliérisme… Alors, cartes sur table : ce qui est rigoureusement en débat, ici, ce n’est pas le droit d’un rejeton de la fratrie Duvalier de s’exprimer, d’honorer son grand-père –ce qui relève strictement de la sphère de l’intime. Ce qui fait débat c’est plutôt la gracieuse hospitalité qu’offre ouvertement Le Nouvelliste –dans le contexte d’une tentative de réhabilitation du duvaliérisme et au moment où les victimes osent témoigner devant la justice–,  à l’apologie d’un sinistre dictateur et de son système qui ont fait tant de tort au pays. Ce qui fait débat, c’est, dans les pages du Nouvelliste, la banalisation de l’apologie du duvaliérisme, du tyran Papa Doc, au creux d’une tentative de réhabilitation de Jean-Claude Duvalier poursuivi en justice, en Haïti, pour tous les crimes de sa dictature. Il y a donc lieu d’inverser la proposition du rédacteur en chef du Nouvelliste : « l’hospitalité offerte par Le Nouvelliste à l’impunité comme à  l’apologie du duvaliérisme doit-elle deux fois nous imposer le silence ? »


Dr François DUVALIER
À la décharge de Le Nouvelliste, on peut effectivement rappeler que les colonnes du quotidien absorbent courants et contre-courants. La grande différence entre les autres publications-témoignages accueillies par le journal et l’insultant hommage du rejeton duvaliériste réside dans le fait que les témoignages des victimes, parents des victimes et témoins sont véridiques se basant sur des faits réels tels qu’ils se sont produits durant l’une des plus douloureuses journées de l’histoire contemporaine haïtienne. Les victimes ou leurs parents ne falsifient pas l’histoire. Alors que cet hommage contre-nature du petit-fils du tyran qui habille le dictateur avec les habits d’un démocrate, d’un républicain constitue une contrefaçon grotesque  qui tombe dans le domaine de l’interdit. Il y a donc deux questions à poser en pareilles circonstances : 1- Peut-on s’associer impunément au négationnisme et au révisionnisme historique ? 2- Peut-on faire l’apologie des crimes en toute quiétude ?

L’APOLOGIE D’UN CRIMINEL, ASSORTI DU DÉNI DE SES CRIMES À GRANDE ÉCHELLE ET DE SON SYSTÈME DE DESTRUCTION MASSIVE, SONT DES DÉLITS NATIONAUX ET DES CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ QUE LA LOI DEVRAIT RIGOUREUSEMENT SANCTIONNER EN HAÏTI

Une remarque préliminaire s’impose : le 26 avril 1963 au matin, la voiture présidentielle qui amenait les enfants Simone et Jean-Claude Duvalier à l’école fut attaquée par quatre hommes armés, habillés en vert olive. Il s’ensuivit des rafles et des massacres, des centaines de personnes innocentes furent ce jour-là et les jours suivants traquées, capturées, torturées et assassinées. Dans ce contexte de terreur duvaliériste de masse, Le Nouvelliste d’alors, on le comprend, n’a pas ouvert ses pages aux familles des centaines de victimes traquées par les hordes duvaliéristes hallucinées aux mains couvertes de sang… L’Histoire, que l’on s’efforce maintenant de falsifier, est aussi une mémoire archivée, et aujourd’hui les victimes osent témoigner à visière levée sur les ondes des radios haïtiennes et par-devant les tribunaux où Jean-Claude Duvalier a dû comparaître comme inculpé. Et paradoxe apparent de l’Histoire, c’est la liberté de parole conquise dans le combat contre la dictature duvaliériste avant 1986 qui permet maintenant à un rejeton de la fratrie macoute de s’exprimer librement dans les pages à dessein hospitalières du Nouvelliste –ce que les jeunes de son âge, sous Duvalier père et fils, ne pouvaient aucunement faire sans être arrêtés, torturés et assassinés.

François-Nicolas Jean-Claude Duvalier II
L’hommage du petit-fils de François Duvalier à son tyran de grand-père n’appartient pas à la sphère de l’intime, du privé : c’est un acte public, un document rédigé par la baronnie duvaliériste mais qu’il signe et endosse publiquement dans Le Nouvelliste, commettant par là-même l’apologie d’un criminel et de ses crimes.

Le vécu familial est de l’ordre de l’intime alors que l’acte de publication concernant un personnage public rejoint le domaine public et à ce titre doit être confronté aux faits. Par cette tentative grossière de réhabilitation de François Duvalier, le petit-fils jusque là épargné par les controverses, vient d’intégrer les rangs des assassins, parce qu’il ne peut pas prétendre, lui, ignorer les témoignages d’horreurs, de carnages, d’assassinats, d’emprisonnements arbitraires racontés dans les colonnes du journal depuis plusieurs semaines. Il rejoint ainsi la triste liste des « assassins de la mémoire» et se montre prêt à continuer l’œuvre morbide de son père et de son grand-père. 

Dans un État de droit, le dénommé François-Nicolas Duvalier devrait être traduit en justice pour apologie d’un criminel, assorti du déni de ses crimes à grande échelle et de son système de destruction massive. Il devrait être traduit en justice au même titre que tout média qui lui sert de tremplin sinon de porte-parole officieux… Sauf à vouloir cultiver une fois de plus l’omertà et l’impunité sur les ruines claudicantes de Fort-Dimanche, sauf à vouloir une fois de trop pratiquer le détournement de la Loi…

Séquence 1 : détournement de la Loi, visa pour l’impunité     

Jean-Claude Duvalier
Au retour en Haïti du nazillon Jean-Claude Duvalier, il y a plus d’un an, des juristes de service et autres commis recyclés de la baronnie macoute se sont efforcés de lui garantir l’impunité (préalablement fournie par lesdits « pays amis d’Haïti ») en invoquant une fallacieuse « prescription de l’action » selon laquelle les crimes qui lui sont imputés auraient fait leur temps et ne pouvaient plus être jugés par les tribunaux haïtiens. Ainsi, dans une dépêche de Radio Métropole datée du 19 janvier 2011, un juriste émérite et banquiste respecté, Bernard Gousse, précise que « Le gouvernement provisoire de Henry Namphy avait édicté un décret annulant les prescriptions de crimes commis par le régime des Duvalier. La prescription ne joue pas contre quelqu’un qui est empêché d’agir, explique le juriste pour justifier le décret du CNG. Ce décret du 18 juin 1986 autorisait des poursuites pour les crimes commis durant les 22 années du régime des Tontons Macoute. Selon maître Gousse les familles des victimes devraient intenter une action en justice contre les hauts dignitaires du régime des Duvalier entre février 1986 et février 1996. Une plainte qui est restée sans suite devrait être renouvelée chaque 10 ans pour que l’action demeure vivante, explique le juriste se référant à l’article 466 du code d’instruction criminelle.[4]» Pareille absolution a également été accordée par l’absconse « constitutionnaliste » Mirlande Manigat qui, tournant elle aussi le dos à la jurisprudence internationale, s’est récemment fait le porte-parole bateleur et surtout truqueur de la soi-disant « prescription de l’action ». Écoutons-la : « [...] pour moi, il y a 3 aspects dans ce dossier, il y a l’aspect strictement judiciaire : la question qu’il n’y a pas de crime contre l’humanité dans notre juridiction, dans nos textes, ou qu’après 10 ans, certains crimes ne peuvent plus être évoqués, ou encore les aspects sur le plan technique… C’est ça l’aspect judiciaire. Vous avez l’aspect politique, ce n’est pas n’importe qui, que l’on juge, c’est une personne, qui a un bilan. Les duvaliéristes peuvent vous dire, qu’il y a des choses qui étaient bonnes, vous entendez des gens dire que sous Jean-Claude Duvalier il y avait la sécurité, il y avait ceci, il y avait cela… On ne peut pas dire que le bilan est totalement négatif. Mais attention, en ce qui concerne le respect du Droit, le respect des Droits de l’Homme, le bilan est négatif. Donc ce n’est pas normal de continuer de parler d’impunité. Moi, c’est sous Jean Claude Duvalier que j’étais en exil, j’ai appris qu’ont avait arrêté mon père, ma mère et deux oncles. Ma mère a fait 15 mois en prison, mon père 3 ans, sans être jugée.[5]»

Contrairement aux élucubrations et autres montages spécieux des défenseurs de la «prescription de l’action », il existe contre Jean-Claude Duvalier, depuis de longues années, un solide dossier de crimes d’État et de mise en accusation devant la justice. Nombre de victimes de la dictature sont partie civile à ces plaintes, les témoignages des victimes sont consignés et accessibles, des dossiers rigoureux et bien documentés ont été déposés par-devant les instances concernées, et  il existe une  jurisprudence internationale conséquente et bien étayée relative aux imprescriptibles crimes contre l’humanité commis durant le « règne » du dictateur Jean-Claude Duvalier.

Ainsi, « Dans une entrevue accordée à Radio-Canada (…) Me René Magloire [alors conseiller juridique de René Préval, NDA] soutient que les traités internationaux sur les droits de la personne dont Haïti est signataire ignorent le délai de prescription de 10 ans et permettent donc de poursuivre Duvalier en justice. « La poursuite contre Duvalier va permettre d’abord aux victimes de ce régime-là de retrouver une certaine dignité et ça va permettre aussi de démontrer en Haïti que l’impunité doit cesser [6]».

Pour sa part, William G. O’Neill[7], avocat spécialiste des questions de droits de l’homme et conseiller des Nations–Unies pour le Kosovo, nous enseigne qu’« Haïti a reconnu la juridiction du tribunal interaméricain et se trouve donc liée par ses principes. Les exactions aboutissant aux milliers de victimes assassinées, torturées et disparues sous le règne de Jean-Claude Duvalier ont été des crimes contre l’humanité au moment de leur perpétration entre 1971 et 1986. Ces victimes, leurs parents et les survivants méritent de voir leur cas enfin saisi par la Justice. En conséquence, la décision du Juge Carvès doit être et attend d’être renversée.»
Plus récemment, une dépêche d’AlterPresse datée du 7 février 2013,«Haïti-Duvalier : Signature d’un essai-plaidoyer pour juger l’ex-dictateur[8]»relatant la parution du livre « Le procès de Duvalier pour crimes contre l’humanité » du juriste Jaccéus Joseph, l’agence en ligne nous précisait que «Dans ce texte, Joseph répond aux avocats de la défense de Duvalier arguant qu’il n’y a pas de provisions légales dans le droit interne haïtien pour juger Duvalier. « Nous avons démontré que la commission de ces crimes dits internationaux implique l’obligation de l’État haïtien de juger Duvalier, l’universalité de la procédure, l’internationalisation de sa poursuite, l’interdiction d’amnisties, sa responsabilité pénale individuelle, l’inaliénabilité et imprescriptibilité du recours. Ce procès est ainsi placé au cœur du droit pénal coutumier international lié au Jus Cogens. » 

Il y a lieu ici de rappeler que l’article 276.2 de la Constitution de 1987 stipule que
« Les traités ou accord internationaux, une fois sanctionnés et ratifiés dans les formes prévues par la Constitution, font partie de la législation du pays et abrogent toutes les lois qui leur sont contraires.» Il faut également souligner que Haïti est signataire de la
Convention américaine relative aux droits de l’homme (aussi appelée Pacte de San José), traité international majeur du système interaméricain de protection des droits de l’homme. Cette convention a été adoptée le 22 novembre 1969. Les organismes responsables de son application sont la Commission interaméricaine des droits de l’homme et la Cour interaméricaine des droits de l’homme, deux organes de l’Organisation des États américains (OEA)[9]. En ce qui a trait à l’inculpation du dictateur Jean-Claude Duvalier par-devant la justice haïtienne, voici ce qu’a statué la Commission interaméricaine des droits de l’homme en mai 2011 ; je reproduis cinq articles de sa Déclaration pour bien montrer au lecteur la nature et la gravité du «détournement de la loi » ainsi que le cadre légal de l’imprescriptibilité des  crimes commis sous Jean-Claude Duvalier  :

6.   Le 27 septembre 1977, la République d’Haïti a déposé son instrument d’adhésion à la Convention américaine relative aux droits de l’homme (ci-après la « Convention américaine »), qui est entrée en vigueur le 18 juillet 1978. Par conséquent, aux termes de l’article 276(2) de la Constitution d’Haïti, ce traité international fait partie de la législation haïtienne et abroge toutes les lois qui lui sont contraires. De même, le 20 mars 1998, Haïti a reconnu la compétence obligatoire de la Cour interaméricaine des droits de l’homme (ci-après la « Cour interaméricaine »). 
 7.   De ce fait, le Pouvoir judiciaire haïtien, en tant que partie intégrante de l’appareil de l’État, est soumis à la Convention américaine et est tenu de veiller à ce que les effets des dispositions de la Convention ne soient pas restreints par l’application de lois contraires à son objet et à sa finalité. Ainsi, « le Pouvoir judiciaire doit exercer une sorte de ‘’contrôle de conventionnalité’’ entre les normes juridiques internes qui s’appliquent à des affaires concrètes et la Convention américaine relative aux droits de l’homme. Dans cette tâche, le Pouvoir judiciaire doit tenir compte non seulement du traité mais aussi de l’interprétation donné par la Cour interaméricaine, interprète ultime de la Convention américaine ».
10.  Les crimes contre l’humanité ont été définis pour la première fois dans les Principes du droit international consacrés par le Statut du Tribunal de Nuremberg et dans les jugements de ce Tribunal de 1950. Ces Principes ont été adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies avant que ne commence le régime de Jean-Claude Duvalier en Haïti, ce qui confirme le statut de jus cogens qu’avait déjà l’interdiction des crimes contre l’humanité au moment où se sont produites lesdites violations graves aux droits humains en Haïti.
12.  La Convention des Nations Unies sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dispose clairement que ces actes illicites internationaux « sont imprescriptibles, quelle que soit la date à laquelle ils ont été commis ». La Cour interaméricaine a établi que les États qui n’ont pas ratifié ladite Convention, comme c’est le cas d’Haïti, ne peuvent pas pour autant ne pas respecter cette règle impérative étant donné que « l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité  surgit en tant que règle de droit international général (jus cogens) qui n’a pas son origine dans cette Convention mais qui est reconnue dans celle-ci ».
13.  Dans sa jurisprudence constante, la Cour interaméricaine a établi que « sont inadmissibles les dispositions relatives à l’amnistie, les dispositions relatives à la prescription et l’établissement de causes d’exonération de la responsabilité qui prétendent empêcher les enquêtes et la sanction des responsables des violations graves des droits humains, comme la torture, les exécutions sommaires, extrajudiciaires ou arbitraires et les disparitions forcées, toutes lesquelles sont interdites étant donné qu’elles enfreignent des droits non soumis à dérogation consacrés par le droit international relatif aux droits humains ». De même, en ce qui concerne les crimes contre l’humanité, la Cour interaméricaine a signalé que « l’obligation d’enquêter et, le cas échéant, de juger et de sanctionner, acquiert une intensité et une importance particulières compte tenu de la gravité des délits commis et de la nature des droits qui ont été lésés ». 

Pour conclure, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a rappelé le 17 mai 2011 le devoir pour l’État haïtien « d’enquêter sur les graves violations des droits humains commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier ». Je signale très fortement au lecteur qu’« À la demande du Collectif contre l’impunité[10], la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a tenu le 28 mars 2011 une audience en présence d’un membre du ministère de la Justice d’Haïti. Celui-ci a exprimé la volonté de l’État haïtien de juger les violations des droits humains en question. Il a sollicité l’appui technique de la CIDH pour ce faire. » Le Collectif est appuyé par Human Rights Watch, Avocats sans frontières Canada (ASFC) et le Bureau des avocats internationaux (BAI).

Séquence 2 : négationnisme et délit d’apologie

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’à récemment, les démocraties européennes se sont dotées d’un dispositif juridique et d’une infrastructure judiciaire destinés à contrer et à sanctionner pénalement le retour de l’idéologie nazie, des crimes nazis et des différentes formes de réapparition du nazisme… Le duvaliérisme en est la variante tropicale –un fascisme tropical– selon la judicieuse terminologie de l’économiste Gérard Pierre-Charles (auteur de la « Radiographie d’une dictature », 3ème édition, CRESFED, Port-au-Prince, 1986) et du romancier René Depestre. Celui-ci, dans un célèbre entretien avec le professeur et critique littéraire Frantz Leconte, dit avec hauteur à propos de la dictature duvaliériste que « C’était un terrorisme d’État le plus meurtrier du siècle après le nazisme qui avait d’autres moyens, le fascisme de Mussolini, peut-être Franco. Mais lui, il a développé le fascisme tropical, le fascisme de sous-développement.[11]»

Prévenir et contrer l’apologie des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ainsi que le nazisme, le négationnisme et le révisionnisme historique par l’éducation citoyenne et par l’application de la Loi : un véritable projet de société, adossé au devoir de mémoire, dont les Juifs et Israël nous fournissent chaque jour l’illustration éclairante dans leur combat contre la négation de l’Holocauste.  

Le terme « apologie» désigne undiscours défendant, justifiant une personne ou une doctrine. Il désigne également tout «Discours ou écrit ayant pour objet de défendre, de justifier, et le cas échéant faire l’éloge d’une personnalité ou d’une cause contre des attaques publiques» (Centre national de ressources textuelles et lexicales, CNRS, France). Au fil des ans le terme a évolué pour désigner un écrit, un discours ou une prise de position destinée à faire l’éloge d’une personne, d’une idée ou d’une doctrine. En France, la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 punit l’apologie des crimes et délits, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des crimes et délits d’intelligence avec l’ennemi.  

Dans le dispositif juridique français –dont s’inspire d’habitude le système juridique haïtien–, la loi Gayssot est la désignation courante de la loi française no 90-615 du 13 juillet 1990. Cette loi cible le délit d’apologie comme les crimes contre l’humanité : 

« La loi Gayssot innove par son article 9, qui qualifie de délit la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité, tels que définis dans le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg, qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de ce statut soit par une personne reconnue coupable de tels crimes. Cet article 9 introduit en effet dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse un article 24 bis dont voici le premier alinéa :

« Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23, l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale. »

L’article 6 (c) de ce statut définit les crimes contre l’Humanité : « l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime.[12]»

Séquence 3 : négationnisme et délit d’apologie par-devant la justice
Les juridictions haïtiennes compétentes pourraient s’inspirer de la loi Gayssot et produire un énoncé contributif –une jurisprudence d’application obligatoire–,  conforme à la Constitution de 1987 aux fins de recevoir une plainte émanant de la société civile, ou de l’État, et visant le fils et petit-fils des tyrans. Pareil  énoncé contributif permettrait de le traduire en justice pour apologie d’un criminel, assorti du déni de ses crimes à grande échelle et de son système de destruction massive.  

Il m’apparaît en effet qu’il y a « délit d’apologie de crimes »  connus, reconnus et amplement documentés qui sont le fait de la dictature des Duvalier père et fils, et que l’article paru dans Le Nouvelliste du 19 avril 2013 constitue « le corps du délit » consigné avec l’accord supplétif et empressé de la rédaction de ce journal. En l’espèce, Le Nouvelliste commet un délit par association, et cela pose à la fois la brûlante question de la déontologie de la profession journalistique en Haïti et également celle des limites éthiques qui configurent la ligne éditoriale des médias. À ce chapitre, et à la suite de la parution de l’article du fils et petit-fils des tyrans, nous avons tous noté le lourd silence de l’ANMH (l’Association nationale [patronale] des médias haïtiens) comme d’ailleurs celui des organisations professionnelles des journalistes du pays, notamment SOS Journalistes… Faudrait-il rappeler combien ils sont nombreux les journalistes qui ont payé de leur vie pour que la liberté d’expression soit un droit consigné dans la Constitution de 1987 ?    
Et plusieurs questions simplement formulées renvoient au fond de la problématique : (1) au regard de l’histoire du duvaliérisme, quels sont les critères et quelles sont les limites du droit de parole dans les médias haïtiens ? (2) qu’est-ce qui balise un reportage, une enquête fouillée, un texte d’opinion, une apologie d’un régime dictatorial, un texte promotionnel ? (3) un organe de presse peut-il, face à l’Histoire, donner librement et généreusement la parole –sans mise en garde critique, sans distance, sans droit de réplique–, aux négationnistes, aux falsificateurs, comme par ailleurs aux Ti Bobo, Mme Max Adolphe, Luc Désir, Boss Pint, Gracia Jacques, Claude Raymond, etc., désireux de célébrer avec fanfare les voluptés du régime carcéral de Fort-Dimanche ou celles des prisons privées des barons duvaliéristes ? (4) Aujourd’hui en Haïti est-il éthique de chanter les louanges du système totalitaire des Duvalier père et fils, sous couvert d’amnésie programmée, de compromissions non dites et d’acceptation résignée de la sous-culture de l’impunité ? Une nouvelle fois, le lecteur saura se faire une opinion d’autant plus que sur le marché de la communication, l’illusion d’un ancien monopole national de l’information, format papier, vole en éclat lorsqu’on la compare au potentiel d’Internet et des réseaux sociaux qui permettent de rejoindre instantanément des centaines de milliers de lecteurs partout sur la planète. Sans oublier qu’Internet permet aux lecteurs branchés, en Haïti, de diversifier amplement leurs sources d’information et de lecture critique. Il leur est aussi loisible de comprendre pourquoi la presse ne peut être réduite, telle une peau de chagrin, à l’anémique rôle de thermomètre de la société alors qu’elle exerce de manière constante son pouvoir d’influence. En tant que quatrième pouvoir, la presse est aussi un acteur des débats sociétaux, elle joue un rôle important dans l’édification d’un État de droit. Cela étant posé, l’essentiel des réponses aux quatre questions que je viens de formuler se donne à lire, entre autres, dans les pratiques de sélection alambiquées, de tri partisan sinon copineux –disons-le tout net : de censure idéologique et politique surtout –, mises en œuvre par l’actuelle direction rédactionnelle du Nouvelliste. Il est donc loin, très loin, le temps où la rigueur professionnelle de Carlo Désinor stimulait les jeunes journalistes haïtiens tout en modélisant leur vision de la société haïtienne.

Alors débattre publiquement, contre l’amnésie programmée pour tout un peuple, hors toute forme de censure clanique, du «délit d’apologie de crimes »connus, reconnus et amplement documentés qui sont le fait de la dictature des Duvalier père et fils, c’est déjà contrer hautement le forfait commis par saint Nicolas déchu, le fils et petit-fils des tyrans. Situer la commission du « délit d’apologie de crimes » dans le cadre de l’actuelle tentative de réhabilitation de Jean-Claude Duvalier c’est aussi contribuer, sans compromissions, au devoir de mémoire et au droit à la justice pour l’ensemble des victimes de la dictature des Duvalier père et fils.
[Robert Berrouët Oriol, linguiste-terminologue, poète et critique littéraire, est l’auteur de la première étude théorique portant sur « Les écritures migrantes et métisses au Québec » (Littéréalité, Toronto, et Quebec Studies, Ohio, 1992). Son avant-dernière oeuvre littéraire, « Poème du décours » (Éditions Triptyque, Montréal 2010), pour laquelle il a été finaliste du Prix du Carbet et du Tout-Monde, a obtenu en France le Prix de poésie du Livre insulaire Ouessant 2010. Ancien enseignant à la Faculté de linguistique d’Haïti, il est également coordonnateur et coauteur du livre de référence « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » -- Éditions du Cidihca, Montréal, et Éditions de l’Université d’État d’Haïti, 2011. En reconnaissance de son œuvre littéraire, le gouvernement du Canada l’a nommé en 2012 membre du Jury du Prix de poésie du Gouverneur général du Canada (section de langue française). Sa nouvelle oeuvre de fiction poétique, « Découdre le désastre suivi de L’île anaphore» est parue en mars  2013 aux Éditions Triptyque .]

[2]Frantz Duval : « François Duvalier doit-il deux fois nous imposer le silence ? », Le Nouvelliste : http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=116000
[3]Robert Berrouët-Oriol : « Lettre ouverte d’un poète au quotidien Le Nouvelliste d’Haïti – La tentative de réhabilitation de Jean-Claude Duvalier est un flagrant déni de justice ». Dans Potomitan : http://www.potomitan.info/ayiti/berrouet-oriol/duvalier.php

[4]«Duvalier pourrait être à l’abri des poursuites pénales selon Bernard Gousse ». Radio Métropole : http://metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18681&action=print)
[5]Haïti libre, 04/03/2013 : «Haïti – Justice : Propos de Mirlande Manigat sur l’affaire Duvalier  » : http://www.haitilibre.com/article-8014-haiti-justice-propos-de-mirlande-manigat-sur-l-affaire-duvalier.html)
[6]Radio Canada, entrevue du 5 mars 2011 : « Duvalier pourrait bientôt être accusé de crimes de  guerre »   : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/03/04/008-crimes-guerre-duvalier.shtml)
[7]William G. O’Neill, « Analyse des décisions arrêtées par le commissaire du gouvernement Félix Léger au 3 novembre 2011 et par le juge d’instruction Jean Carvès au 30 janvier 2012 », Social Science Research Council, New York, NY, 1er février 2012, p. 4.  
[11]Sur le site île en île : « René Depestre par lui-même »: http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/depestre_entretien.html


Crédit: Robert Berrouët-Oriol/CANAL+HAÏTI
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