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Louis-Philippe Dalembert, lauréat 2017 du Prix France Bleu .

mardi 2 octobre 2012

Le cri d’Arold Brénéus, l’enfer pour les haitiens!

Né un 4 janvier à Limonade, dans le Nord d’Haïti. Il fit ses études Primaires au Collège Eben-Ezer de sa ville natale et secondaires au Nouveau Collège du Nord au Cap-Haïtien, il est artiste-comédien, guitariste, chanteur et …animateur de radio, à ses heures. Il évolue aux îles Turks-et-Caïcos depuis 2001, sur la demande-express de son défunt père. Il voudrait servir de porte-étendard pour ses compatriotes opprimés.  Dans cette plaidoirie exclusive présentée à la Tribune de « Diasporama », Arold Brénéus laisse parler son cœur déchiré par les turpitudes de ses huit mille congénères vivant si près et si loin d’Haïti, comme des pestiférés, au gré de leurs hôtes. Dans ce coup-de-gueule, Il nous parlera des arrogants « Ti-Yay fos » et des péripéties endurées par les illégaux haïtiens avant d’acquérir  le précieux « Work-Permit » (Permis de travail). Arold ne manquera pas de nous signaler la xénophobie des habitants de ce territoire d’outre-mer du Royaume-Uni, vis-à-vis des haïtiens, ayant une superficie de 497 km2, plus petite que l’Ile de La Gonâve (689,62 km2) et le fameux slogan à la mode chez les Turques-et-Caïques: « English first …Ti-Yay fos avant tout…les haïtiens…les restes… ! »

 En définitive, Arold Brénéus, qui vit aux  iles Turques-et-Caïques depuis plus de dix ans, lance un cri d’alarme aux dirigeants haïtiens, afin qu’ils puissent venir en aide à leurs concitoyens humiliés en terre étrangère, rien qu’en voulant chercher du travail honnêtement, afin de pouvoir survivre dans cette jungle infernale…

Diasporama vous présente l’émouvant plaidoyer du jeune Arold Bréneus…

MON NOM EST AROLD BRENEUS !

Je salue avec une joie incommensurable le personnel et les journalistes de CANAL+HAÏTI et leur présente mes plus vives félicitations pour le travail qu’ils effectuent pour les haïtiens vivant à l’étranger, comme moi, qu’on nomme familièrement la diaspora. Je leur souhaite du courage dans leur entreprise. Grâce à CANAL+HAÏTI et sa chronique « Diasporama », je ne suis plus isolé de la mère-patrie,  j’ai trouvé une tribune pour me faire comprendre et me faire entendre. Dorénavant, j’ai un organe pour pouvoir exprimer  mes joies, mes peines et faire passer mes griefs, revendications  et désidératas, là où je suis loin d’Haïti-chérie. Je vais profiter de cette occasion qui m’est offerte pour vous parler un peu de la vie trépidante  que nous menons ici, mes compatriotes et moi (Arold Bréneus), « nan Ziltik ».

DE SIFRADEN A LACTEL !

Âgé de 31 ans, je suis né le 4 janvier 1981, à Limonade dans le Nord d’Haïti. J’ai fait mes études Primaires au Collège Eben-Ezer de Limonade et mes études secondaires au Nouveau Collège du Nord au Cap-Haïtien (2e ville d’Haïti), Chef-lieu du Département du Nord. Je suis un artiste-comédien, je joue de la guitare et je chante. Dans les années 1999-2000,  je faisais partie de la Troupe Théâtrale « Sifraden ». Après, je m’étais converti au protestantisme (Adventiste du 7e Jour, plus précisément).
 
Au moment où je vous écris ces quelques lignes, j’évolue aux îles Turques-et-Caïques ou îles Turks-et-Caïcos ou en haïtien « Ziltik ». J’ai laissé tomber la Troupe « Sifraden » pour former ma propre compagnie, ayant pour nom « Les Acteurs de la Comédie Théâtrale Évangélique Limonadienne (LACTEL), qui comprend environ 14 membres, nous avons déjà performé dans plusieurs spectacles. Actuellement, nous travaillons sur la prochaine sortie de notre premier long métrage qui s’intitulera : « SAM FÈ MAP PEYE », titre très significatif sur les tribulations des ressortissants haïtiens vivant ici. Je crois que ce film fera un tabac à sa sortie sur les écrans, évidemment, on pourra l’avoir dans les bacs sur DVD.

MON ARRIVEE « NAN ZILTIK » !

J’ai laissé mon pays en 2001. Comme je vous le disais tantôt,  je vis aux îles Turks-et-Caïcos, dont la plus grande ville est Providenciales. J’habite  dans une localité du nom de North-Caïcos. Environ 8.000 haïtiens vivent dans l’ensemble de ces îles. Mon feu père vivait ici depuis plus de 23 ans, pour le seconder dans ses multiples activités, il m’a fait immigrer pour également y travailler. Depuis plus de 10 ans, je demeure aux îles en pratiquant plusieurs petits métiers manuels pour pouvoir survivre et subvenir aux multiples besoins de ma famille. Je dois vous dire franchement, qu’il s’agit pour moi de 10 ans en prison, comme un condamné aux travaux forcés et 10 ans de descente aux enfers. J’ai constaté avec amertume que les haïtiens ne sont pas libres, ils n’ont pas droit à la parole. C’est la raison pour laquelle j’ai formé cette Troupe qui est pratiquement une association pouvant nous permettre de nous exprimer sans éveiller des soupçons pour le moment. Quand nous nous réunissons, nous communiquons, nous communions, nous mangeons ensemble, nous partageons nos idées, nous faisons des débats, nous sortons des résolutions informelles et préparons nos stratégies de lutte vis-à-vis de nos tyrans pour mieux défendre nos droits, de façon subtile, de peur de nous faire expulser, parce que la majorité d’entre nous sont des sans-papiers. Nous espérons un jour sortir de cet enfer sur terre.

Côté media haïtien, il existe 2 stations de radio qui relaient les principales infos qui proviennent des radios d’Haïti, mais nous attendons encore leurs apports directs à la communauté haïtienne évoluant ici. Ces radios sont: « Radio Horizon 2000 Inter TCI – 106.3 FM » et « Radio Example of Christ 95.1 FM Turks and Caïcos ». Disons en passant, quand j’étais en Haïti, je travaillais à une station de radio comme speaker-présentateur…
LES HAÏTIANOPHOBES !

Ici, les droits des haïtiens ne sont pas respectés. Nous sommes traités avec mépris. Les natifs « Ti-Yay fos » d’ici n’ont aucun respect pour les haïtiens. Ils sont très xénophobes et surtout « Haïtianophobes ». Les habitants et citoyens de ces iles prennent les haïtiens pour n’importe quoi, ils font de nous ce que bon leur semble. Je signale à votre attention que les dirigeants et natifs d’ici sont pour la plupart des noirs qui viennent de l’Angleterre. Les haïtiens doivent impérativement avoir leur « Work-Permit » qui est une orte de permis de travail passager, (1 an maximum pour $US 2.000, dont je suis détenteur), leur résidence (peu probable) ou avoir la citoyenneté (hypothétique !) des îles Turks-et-Caïcos, s’ils veulent jouir et bénéficier du minimum…Les haïtiens ayant acquis la nationalité de ces iles ne sont pas nombreux. Beaucoup d’illégaux haïtiens évoluent ici.
 
LES HAÏTIENS SE FONT ARNAQUER PAR LES « TI-YAY FOS ».

Pour qu’un haïtien puisse avoir un « Work-Permit », il faut qu’il y ait un citoyen d’origine anglaise pouvant lui donner son aval, c’est-a-dire être sa garantie auprès du Département du Travail, de l’immigration et de l’émigration. Et pour enfin se procurer ce précieux sésame, c’est le parcours du combattant, le prix à payer est très cher, par exemple l’anglais fait travailler l’haïtien durant des mois sans aucun salaire. L’avaliseur du « Work-Permit » réclame de l’argent au clandestin sans rien donner en retour et ce dernier ne peut pas le dénoncer, par crainte d’être déporté en Haïti. Au cas où L’haïtien ayant payé s’ hasarderait à demander le remboursement de son argent, il est molesté, traité  des pires mots de l’univers et dénoncé par son filou,  auprès des autorités compétentes et refoulé, manu militari, vers Haïti. Une véritable arnaque, quoi !   Quand nous rencontrons ces genres de cas, nous ne savons pas à qui  nous adresser afin d’aider nos compatriotes escroqués. Partout où l’haïtien travaille, c’est un intermédiaire (Le Boss !) qui encaisse l’émolument pour lui, ce « boss » fait une répartition non équitable de cet argent (le salaire du travailleur) et donne ce qu’il veut au rude travailleur haïtien, c’est de l’exploitation et de l’esclavagisme en plein 21e siècle. Le comble dans tout ça c’est qu’il n’y pas de boulot, il est très difficile de se faire engager, la majorité des haïtiens est au chômage. C’est pour cette raison qu’actuellement beaucoup d’ haïtiens retournent bredouilles au bercail. De plus, si un haïtien travaille, il peut perdre son emploi dans l’éventualité où un natif anglais « Ti-Yay fos » aurait besoin de travailler, automatiquement, l’haïtien est remplacé, sans aucune raison valable, par le nouveau venu qui est considéré  comme un « ayant droit » ou un « légataire universel »…  ou « English first »=  anglais d’abord ! Cela étant dit, l’haïtien travaille sous pression et une angoisse constante de peur de perdre, à tout moment, son insignifiant boulot.

TIYAY-FOS, FIRST !

Autre remarque aux îles Turques-et-Caïques, dans les bureaux, public comme privé, on sert et reçoit les natifs, anglais « Ti-Yay fos » et tout le monde d’abord, les haïtiens après, même si ces derniers étaient là avant. Une véritable humiliation. C’est du jamais vu, c’est ma première visite à l’extérieur d’Haïti, je ne pense pas qu’à St. Domingue on traite les haïtiens de la sorte. D’ailleurs, j’ai déjà vécu avec des dominicains, ils ont le sens du partage et de la solidarité, comparativement à nos hôtes, ils sont meilleurs, des enfants-de-cœur, quoi ! On nous regarde avec dédain ici. C’est humiliant.

Nous n’avons ni ambassadeur, ni consul, ni chargés d’affaires pouvant venir à notre secours et défendre nos intérêts. Nous laissons Haïti malgré nous, à la recherche d’un monde meilleur. Nous ne sommes pas des mendiants, encore moins des voyous. Nous voulons seulement travailler et aider nos siens et nos hôtes. En retour nous subissons les pires atrocités. Dans les transports en commun, le « Ti-Yay fos » devant, l’haïtien derrière, si ce dernier se trouvait devant le bus, à l’arrivée du phénomène « Ti-Yay fos » il doit se mettre à l’arrière ou bien descendre. Ces fameux « Ti-Yay fos »  ne veulent pas s’assoir à côté des haïtiens, ils disent que nous sentons mauvais. Boire dans le même gobelet qu’eux ? N’en parlons pas.

Autres préjugés, quand un vol-à-mains-armées dans les magasins, Supermarchés, hold-up dans les banques, un meurtre ou autres méfaits sont commis, c’est l’haïtien qui est pointé du doigt et est, de facto, suspect numéro 1, comme on dit chez nous, « Ayisyen gen bon do ». Nous arrivons par la mer ici. Dans ces îles, les haïtiens sont traités de tous les mots du monde. C’est pour cela qu’encore une fois nous réclamons des autorités haïtiennes qu’elles nous envoient un représentant qui pourrait être un interlocuteur compétent pouvant dialoguer avec les autorités d’ici pour un meilleur traitement de nos compatriotes qui ne demandent qu’à vivre et travailler dans la dignité. Malgré leur précarité  dans le chômage, nos compatriotes font des efforts surhumains pour payer leurs « papiers-Work-Permit » et pourtant, ils sont souvent victimes d’escrocs sans foi ni loi. Pire, parfois les compatriotes « illégaux » se trouvent dans l’obligation de payer plusieurs escrocs l’un après l’autres, pour qu’enfin de compte se faire dénoncer et finir par se faire expulser. Ils n’ont aucun défenseur, ils sont abandonnés à eux-mêmes.

S.O.S. AU MINISTÈRE DES HAÏTIENS VIVANT A ÉTRANGER (MHAVE)!

Beaucoup de « Citizen » d’ici qui sont d’origine haïtienne font des pieds et des mains en vue de devenir ambassadeur ou consul d’Haïti, mais ils n’ont pas intérêt à résoudre les problèmes haïtiens,  pour eux les avantages de leur pays d’adoption, prime d’abord. Ils ont femmes, enfants et également des biens aux pays. Ils ne vont pas courir le risque de perdre leurs avoirs, emplois, business et tout le reste pour des haïtiens à problèmes. Nous n’avons pas besoin de ces apatrides pour défendre nos droits. Il nous faut des compatriotes compétents et conséquents qui n’ont aucun intérêt mobiliers et immobiliers ici. Je lance un appel au gouvernement haïtien et spécialement le Ministère des Haïtiens Vivant à l’ Étranger (MHAVE) pour qu’il puisse venir rencontrer les compatriotes d’ci dans l’optique de parler aux autorités locales pour l’amélioration du mode de vie exécrable de l’ haïtien survivant ici.


Arold Breneus vous a parlé depuis  Providenciales, îles Turks-et-Caïcos.

Merci à « Diasporama » et à « CANAL+HAITI ». Je vous laisse mes coordonnées au cas où vous voudriez nous venir en aide.

Tel.: 1(649) 346 7841,
E-mail: aroldbreneus@hotmail.com,
Facebook site:  http://www.facebook.com/arold.breneus




Propos recueillis par Andy Limontas pour Diasporama/CANAL+HAÏTI
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Producteur Exécutif: André LIMONTAS
email: canalplushaiti@yahoo.fr

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