samedi 14 septembre 2019

Haïti/Diasporama : Rosmy Parady, écrivaine, mambo et chanteuse…


La commune de Pétion-Ville dès sa création a été la convoitise de plus d'un et n'a cessé de faire des heureux.

Beaucoup de ceux qui allaient devenir des figures emblématiques  dans le monde y ont séjourné et… sont originaires de Pétion-Ville.

Le cas de Madame Rosmy PARADY, illustre bien le bonheur que son Père a eu d'avoir vécu durant de nombreuses années dans la ville en pleine expansion

Elle est la fille du célèbre chanteur de Troubadour Rodrigue MILLIEN, elle profite de l’opportunité pour faire une revendication pour son Père  qui avait adopté la commune de Pétion-Ville (Haïti) pour avoir vécu des périodes de gloire durant sa carrière de musicien.

 A cette époque la Ville avait une grande réputation,  d’être la cité de la bourgeoisie haïtienne.

Quid du parcours de ROSMY

Elle est née à Paris le 7 décembre 1982 d’une mère Martiniquaise et d’un Père Haïtien, l’artiste très connu Rodrigue MILLIEN.

Elle a eu une enfance heureuse, grandit avec sa mère d’une fratrie maternelle de 9 enfants dont elle est la 7ème.

Elle a fait des études de secrétariat et de gestion, s’est lancée aussi dans l’entreprenariat son  but  étant d’acquérir de bonne base dans la vie et d’atteindre ses objectifs.

Femme avec un fort caractère et d’une sensibilité pour la cause  des sans voix, toujours en quête de moyens pour subvenir  aux besoins des plus démunis, bien que ne faisant partie d’aucune communauté d’œuvre de bienfaisance.

L‘initiative  d’écrire est comme un appel venant d’une voix intérieure, suite à sa conversion dans le vodou où il fallait transcender pour délivrer  le message.

Elle a fait le choix d’Haïti  pour la dédicace de son livre intitulé « Du  chemin de Croix au Chemin de Loas » qui relate une forme d’hypocrisie des haïtiens et une critique sur la religion.

Selon Rosmy Parady le vodou s’apparente à une philosophie, un art de vie, une culture religieuse… Elle estime que les haïtiens sont un peuple possédant beaucoup de richesses, mais ne connait toujours pas la manière pour l’exploitation de cette fortune.
Devenir Manbo (prêtresse vodou) n’a pas été une simple histoire. Après de multiples combats internes  et de questionnement,  elle a retrouvé sa place dans ce monde réel dont elle était prédestinée pour y vivre une vraie passion.

Dans toutes ces transformations, il y a bien un but final  l’élévation pour chanter ses Loas à travers des notes de musique. Elle a eu l’appui du Chanteur Belo très connu pour l’accompagner sur ce premier single intitulé OBA, un morceau de 5 : 06 secondes d’une voix mélodieuse, envoutante qui exprime une joie de vivre et qui transporte l’esprit vers un monde irréel, OBA est un chant traditionnel du répertoire du vodou haïtien, du genre racine à travers cette chanson il y a un message spirituel.

OBA est aussi une musique dédié  au loa.

OBA est un cri du cœur, des héritiers, qui prêtent leurs voix au loa.

OBA est un hommage à l’Empereur Jean-Jacques fondateur de la nation.

OBA est une musique du style AFRO VODOU BEAT un style propre à elle d’une influence de Flavour N’abania, Angélique Kidjo… Rosmy souhaite que  tout un chacun puisse  faire cette découverte de son nouveau single.

Avec une touche vocale de Bélo.

OBA vous promet un voyage en Afrique tout en faisant escale dans les caraïbes.


Crédit: Peterson HERCULE

mardi 11 décembre 2018

Leyla McCalla, cette Haïtienne qui fait parler d’elle à la New Orléans


Leyla McCalla, sur la scène du festival jazz "Jazz in Marciac" (France, 2015) © Maxppp / Michel Viala
Leyla McCalla, sur la scène du festival jazz "Jazz in Marciac" (France, 2015) © Maxppp / Michel Viala

Leyla Sarah McCalla, musicienne new-yorkaise de naissance mais d’origine haïtienne, se trouve depuis peu au Sud des Etats-Unis. Après avoir collaboré pendant un temps avec le groupe « Carolina Chocolate Drops », à la New Orléans, l’artiste est repartie pour entamer une carrière solo. Son album « The Capitalist Blues » sera dans les bacs dès le début de l’année 2019.
Les deux parents de McCalla sont nés en Haïti. Son père, Jocelyn McCalla, a été directeur exécutif de la Coalition nationale pour les droits des Haïtiens basée à New York de 1988 à 2006 et est reconnu comme traducteur pour Vari-Colored Songs. Sa mère, Régine Dupuy, arrivée aux États-Unis à l'âge de 5 ans, est la fille de Ben Dupuy qui dirigeait Haïti Progrès, un journal socialiste haïtien basé à New York. La mère de McCalla a ensuite fondé « Dwa Fanm » une organisation de défense des droits humains de la lutte contre la violence domestique. 

La jeune musicienne qu’était Leyla en 2010 a été recrutée par la bande des « Carolona Chocolate Drops » alors qu’elle jouait du Basch dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Avec l’artiste, le groupe a remporté le Grammy Award du meilleur album de folk traditionnel à la 53ème édition des Grammy Awards avec son album de 2010 « Genuine Negro Jig ». La singularité de ce groupe, qui reprend les premières musiques noires américaines avec brio et modernité a sans doute conquis la jeune femme qui ne tardera pourtant pas à laisser la bande pour débuter sa carrière.
Leyla rend toujours Haïti vivant dans ses œuvres musicales. On retrouve en effet sur son premier album titré « Vari-colored songs » des titres comme « Mèsi Bondye », « Latibonit », « Manman mwen », « Rose Marie », pour ne citer que ceux-là, qui nous rappellent le traditionnel haïtien. Cet album est un hommage aux textes du poète Langston Hughes sur fond de folklore haïtien et cajun. Elle continue à puiser dans ses origines pour s’exprimer en chanson pour ensuite faire un mélange des deux cultures. Celle de la Nouvelle-Orléans et d’Haïti.

Après « A day for the hunter, a day for the prey », cet album de la multi-instrumentiste de formation classique et extraordinaire en chant folklorique, elle reviendra sous peu sur la scène avec «  The Capitalist Blues », soit en janvier 2019. Un album dans lequel elle compte vraiment prendre conscience de la richesse musicale de la ville de la Nouvelle-Orléans.



Crédit: Darline Honoré

vendredi 30 novembre 2018

Haiti/Football: Ce jeune Haïtien en Ligue 1 convoité par la Juventus et l’Inter Milan !

isi3Depuis maintenant plusieurs saisons, l’AS Monaco doit lutter pour conserver ses plus grands Espoirs. Aujourd’hui, la presse européenne nous révèle que la Juventus de Turin et l’Inter Milan s’intéresseraient de près à un élément prometteur du club de la Principauté, qui a des parents haïtiens.


Vainqueur du Tournoi de Montaigu avec le Stade Rennais en terminant meilleur buteur en 2016 et surtout repéré aux championnats d’Europe et du monde des moins de 17 ans pour la France, Wilson Isidor, de parents haïtiens, envoie de bons signaux qui pourraient lui offrir une carrière ponctuée de succès et compte se donner tous les moyens pour atteindre ses objectifs. La jeune pépite de l’AS Monaco, d’à peine 18 ans, est déjà dans le viseur des plus grands clubs européens.


isi4Wilson Isidor est un ailier droit qui peut également jouer à gauche. C’est un joueur qui allie une bonne structure physique à une technique et a une vitesse remarquable, ainsi qu’un bon jeu de tête. Né le 27 août 2000 et élevé en Bretagne par des parents haïtiens, son parcours de footballeur a débuté au SC Le Rheu à l’âge de 7 ans avant d’intégrer le Stade Rennais en 2009, où il se fait rapidement appeler le “nouveau Dembélé”, lui qui est un pur produit de ce centre de formation et qui a explosé en Ligue 1 avant de rejoindre le Borussia Dortmund puis le FC Barcelone. Là-bas, il y a fait toutes ses classes jusqu’à la catégorie U19. Mais après près de dix ans chez les Bretons, il a coupé le cordon l’été dernier.
Cependant, il n’a jamais fait ses débuts avec Rennes en Ligue 1, car il n’avait pas l’intention de renouveler son contrat expirant. Faisant face à plusieurs cas de blessures, l’AS Monaco qui s’est fait une spécialité de repérer, faire signer et grandir quelques-uns des meilleurs jeunes de France et d’Europe, l’a fait embauché pour l’exercice en cours. Il s’entraîne depuis à Annecy avec la reserve et avec l’arrivée de Thierry Henry comme entraîneur, il a eu la possibilité de faire ses débuts contre le Paris Saint-Germain en pro, à l’occasion de la 13e journée, remplaçant Mboula à la 49e minute de jeu.


Il faut dire que le plus grand fait d’arme de sa jeune carrière demeure sa victoire au Tournoi de Montaigu, l’équivalent de la Coupe Gambardella pour les U16. Fin mars 2016, Wilson Isidor, meilleur buteur de la compétition avec cinq buts, soulevait le trophée avec le Stade Rennais. Marchera-t-il dans les pas de Cristiano Ronaldo, Andrea Pirlo, Pavel Nedved, Karim Benzema, Didier Deschamps ou Thierry Henry, qui s’étaient tous fait remarquer au Tournoi de Montaigu en leur temps ?
isi1Pour espérer un jour arriver au niveau de ces grands joueurs, Wilson Isidor devra multiplier ses efforts et continuer d’y croire. Dans une interview accordée à “Foot Mercato” en octobre dernier, il a affirmé qu’il essaie de s’identifier à ses idoles pour s’améliorer :

 « Je m’identifie à Pierre-Emerick Aubameyang. J’aime beaucoup Samuel Eto’o et Thierry Henry également. Sur le terrain, je suis rapide et précis devant le but. Jaime beaucoup me retrouver en face à face avec le gardien. J’ai choisi le poste d’attaquant car c’est le meilleur poste à mes yeux. Beaucoup de vedettes sont des attaquants. J’ai toujours aimé le but, j’ai une grosse frappe, j’aime cet exercice», a-t-il précisé.

Avec un entraîneur comme Henry à la tête de son équipe, il ne devrait pas être difficile d’améliorer la continuité et le concret dans lequel il reste encore beaucoup à faire, et de revenir sur les traces d’un certain Kylian Mbappé.

Une chose est sûre, Wilson Isidor attire déjà la Juventus et l’Inter. Ces deux cadors italiens étant prêts à se battre pour le jeune Français d’origine haïtienne, comme ils l’ont fait pour Milinkovic-Savic, Pogba et les Espoirs italiens en l’occurrence Barella, Chiesa et Tonali.


Si ces derniers veulent le récupérer maintenant, ils devront payer l’indemnité de transfert et celle de formation de celui qui atttend que les Monégasques lui proposent un premier contrat professionnel.
Il est donc nécessaire que la FHF essaye d’approcher cette future star, avant qu’elle soit bientôt sélectionnée en Équipe de France sénior.



Crédit: DIASPORAMA-HAITI avec CANAL+HAÏTI et Tempo

mardi 12 décembre 2017

Mon adieu à Johnny Hallyday. Un phénomène français.

MON ADIEU À JOHNNY HALLYDAY. UN PHÉNOMÈNE FRANÇAIS.

«On a tous en nous quelque chose de Johnny. » Emmanuel Macron.————————————————————Biographie: Jean-Philippe Smet, dit Johnny Hallyday, est un chanteur, compositeur et acteur français né le 15 juin 1943 à Paris.

Avec plus de cinquante cinq ans de carrière, il est l'un des plus célèbres chanteurs francophones et l'une des personnalités les plus présentes dans le paysage médiatique français, où plus de 2 100 couvertures de magazines lui ont été consacrées.

S'il n'est pas le premier à chanter du rock en France, il est, en 1960, celui qui, le premier, popularise le rock and roll dans l'Hexagone. Après le rock, il lance le twist et le mashed potato, et s'il lui fut parfois reproché de céder aux modes musicales, il les a toutefois précédées plus souvent que suivies2. Les différents courants musicaux auxquels il s'est adonné, rock 'n' roll, pop, rhythm and blues, soul, rock psychédélique, puisent tous leurs origines dans le blues, et bien qu'interprète de nombreuses chansons dites de variété, de ballades, et parfois de country, le rock reste sa principale référence.

Son apport à la scène française est important. D'abord décrié puis reconnu, il impose sa marque et transforme le tour de chant traditionnel en un véritable spectacle. En dehors des pays francophones, s'il ne parvint pas durablement à s'imposer malgré plusieurs tournées à succès, notamment en Amérique du Sud, sa réputation d'homme de scène franchit en revanche les frontières. Au niveau international, Hallyday est considéré comme le seul rock’n’roller non anglophone connu par un large public.

Sa longévité au premier plan, comme ses prestations vocales et scéniques, lui attirent la reconnaissance de ses pairs. De l'Alhambra, en 1960, à aujourd'hui, en 183 tournées et 27 rentrées parisiennes, il a attiré plus de 28 millions de spectateurs, enregistré plus de 1 000 titres, composé une centaine de chansons et vendu 110 millions de disques. Sa carrière est déjà récompensée par 40 disques d’or, 22 de platine, 5 de diamant et 10 Victoires de la musique, pour une discographie officielle qui compte 50 albums studio et 27 albums live. (Source Wilkipedia).
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J’écris ce texte en regardant les funérailles de Johnny Hallyday retransmis en direct à la télé. Plus de 700 bikers accompagnent le cortège funéraire jusqu’à l’église de la Madeleine. Le dernier road-trip de Johnny. Impressionnant. 

Johnny Hallyday a bercé notre jeunesse. On a tous dansé le twist en écoutant Johnny, l’idole des jeunes. Avec mes oncles, Guy Bennett et Pierre-Marie Ligondé, on passait des après-midi à écouter ses disques à fond la caisse. C’était l’époque des 33 tours. Que de beaux souvenirs. 

J’ai fait la connaissance de Johnny il y a près de 20 ans à un dîner chez une amie commune, Yanou. J’étais très émue de me retrouver face à lui. Ce soir là, il était accompagné de sa toute jeune et jolie femme Laetitia, qu’il venait d’épouser. Je me suis retrouvée à sa gauche à table et on a passé le temps du repas à se parler. J’ai découvert un homme timide, très réservé. Tout le contraire du Johnny sur scène. Il avait un côté émouvant, mélancolique. Comme it était un grand fumeur comme moi, il a passé la soirée à allumer mes cigarettes. Par la suite, on se croisait assez souvent à notre restaurant italien préféré. J’ai aussi eu le grand privilège d’être invitée à l’un de ses concerts. Quelle présence sur scène. Époustouflant. 

Je garde le souvenir de Johnny à une journée d’anniversaire de ses deux filles, Jade et Joy, à St. Barths un mois d’août. Lui et Laetitia m’avait gentiment invité à me joindre à eux pour l’occasion. J’ai découvert un Johnny, attentif, délicat et très présent pour sa famille. 

Je présente mes condoléances émues à son épouse Laeticia, à ses enfants, David, Laura, Jade et Joy.
Comme des millions de fans attristés, je pense à ma chanson préférée de Johnny, «Que je t’aime! Que je t’aime! Que je t’aime ».




Michele Bennett Duvalier
Paris, France

Le 9 Décembre 2017

© Tous Droits Réservés.

Aucun des textes ou partie de texte, des photos de Michele B. Duvalier, ne peuvent être reproduits dans un livre ou ailleurs à des fins lucratifs ou de propagande sans sa permission écrite.

Gessica Généus reçoit un prix au Sénégal pour son premier documentaire

La récompense après l’effort. L’actrice devenue réalisatrice Gessica Généus a reçu le prix du meilleur documentaire de création pour son film « Douvan jou ka leve » (le jour se lèvera) dans la catégorie moyen-métrage hier dimanche 10 décembre.


Cette prestigieuse distinction lui a été décernée par le jury 2017 dans le cadre du Festival du film documentaire de Saint-Louis. Un évènement qui a réuni plus de 10.000 spectateurs et une centaine de professionnels du cinéma et l’audiovisuel du 4 au 9 décembre Sénégal.


Cet endroit en lui-même est tout un symbole de la pertinence de cette œuvre cinématographique à un moment où l’esclavage est revenu au centre des débats. Et Mme Généus en est bien consciente: « Sénégal, c’est là où se trouve l’île de Gorée, l’un des plus grands pots de transportations d’esclavages, un des points pivot de la traitre negrière. Et mon film traite également de l’héritage colonial, de la colonisation de l’imaginaire. »


Premier prix pour ce film documentaire et pour sa carrière de réalisatrice, Gessica Généus a de quoi se réjouir. « Après avoir travaillé pendant si longtemps, quatre ans, sur un projet pour lequel on reçoit un prix, on n’est soulagé de voir que le temps n’est pas vain et qu’il y a des personnes qui portent un regard sur ce projet pour le mettre en lumière », a—t-elle déclaré très humblement à la Presse.


Et son attente ne s’arrête pas là. « Plus on voit le film, plus on prend connaissance de son existence, plus je me sens soulagée à l’idée que ce que je raconte contribue à faire avancer le débat. » Justement, en août dernier, on a retrouvé « Douvan jou ka leve » dans la programmation du festival États généraux du film documentaire organisé à Lussas, en France.


« Douvan jou ka leve », 52 minutes, est coproduit par SaNoSi et Rachèle Magloire. La réalisatrice Gessica Généus  a confié que  le film sera projeté en grande première en Haiti en février 2018.

Manno Charlemagne, mort d'un troubadour haïtien


Chanteur engagé le plus célèbre de son pays, il avait été contraint à l'exil avant de devenir, à la chute de la dictature du clan Duvalier, maire de Port-au-Prince.

En 1986, le cinéaste américain Jonathan Demme fait plusieurs voyages en Haïti, où il est le témoin des convulsions de la fin de la dictature du clan Duvalier : le «déchoucage», soit la chasse aux «tontons macoutes» et autres éléments liés à l’ancien régime, les espoirs placés dans une nouvelle société, le poids des traditions héritées de l’Afrique… Il en tire en 1987 un documentaire, Haiti : Dreams of Democracy. Deux ans plus tard, le futur réalisateur de Philadelphia et du Silence des agneaux rassemble dans la compilation Konbit, Burning Rhythms of Haiti les sons qui ont accompagné la révolution. Ce disque sera pour beaucoup d’amateurs la porte d’entrée dans l’univers luxuriant des musiques de la Première République noire. Au milieu des cadences trépidantes du kompa (l’ancêtre du zouk), on y trouvait un morceau qui dans son dépouillement guitare-voix donnait la chair de poule: Ayiti pa Foré de Manno Charlemagne.

Dylan et Cuba

 

En cette ère pré-Internet, les renseignements étaient rares sur ce twoubadou à la voix fiévreuse, qui évoquait autant le protest-song anglophone de la génération Dylan que la nueva trova de la Cuba socialiste. Joseph Emmanuel Charlemagne est né en périphérie de Port-au-Prince en 1948. Père absent, mère expatriée en Floride, il est élevé par une tante. A 15 ans, il est arrêté et torturé par les tontons macoutes, la milice de la dictature qui terrorisait la population avec de prétendus pouvoirs magiques.


Après avoir fondé un mini-jazz (orchestre dansant), le jeune «Manno» rejoint le mouvement mizik angajé et compose ses premiers brûlots. A la fin des années 70, le duo contestataire qu’il forme avec Marco Jeanty se fait connaître sur les ondes de Radio Haïti Inter. Mais leur popularité grandissante dans les milieux étudiants les met en danger. Après un album enregistré en 1978, Charlemagne s’exile aux Etats-Unis, puis à Montréal où il vivra longtemps. De cette période date le Mal du Pays, une de ses rares chansons en français.


En mars 1986, dans les semaines qui suivent la fuite de Bébé Doc, le dernier tyran de la dynastie Duvalier, il rentre au pays où il est acclamé. Il fonde un chœur sous forme de konbit (coopérative): Koral Konbit Kalfou. Son disciple le plus célèbre, Beethova Obas, en est issu. Les structures démocratiques tentent de s’installer dans un environnement chaotique, où les règlements de comptes se multiplient. Manno Charlemagne sera lui-même grièvement blessé dans une fusillade lors d’un concert. Cette situation lui inspire Ayiti pa Foré, acide chronique de l’après-Duvalier : «Si Haïti n’est pas une jungle, pourquoi y trouve-t-on tant d’animaux ?» 

Bouillonnement de chanteurs engagés dans la Caraïbe

 

La chanson appartient au 33 tours Oganizasyon Mondyal, ouvrage militant qui superpose à la grille d’accords folk une grille de lecture marxiste de l’histoire. Manno n’est pas un cas unique, depuis la décennie précédente, la Caraïbe est un bouillonnement de chanteurs engagés : Peter Tosh et Bob Marley en Jamaïque, Andrés Jimenez à Porto Rico, Luis Días dans le pays voisin de Haïti, la République Dominicaine, Guy Konkèt en Guadeloupe…


Et l’engagement de Charlemagne ne s’arrête pas aux textes des chansons. Il accompagne l’ascension de Jean-Bertrand Aristide, prêtre défroqué devenu le porte-parole des déshérités, et de son mouvement, Lavalas («l’avalanche»). «Titid» est réélu président en 1994 (son premier mandat avait été écourté par un coup d’Etat militaire) et son ami Manno devient en 1995 maire de Port-au-Prince, la capitale, pour un mandat de quatre ans. L’expérience lui laissera un goût amer. Echaudé, il retourne aux Etats-Unis, s’installe à Miami où il chante au restaurant Le Tap Tap, épicentre de la vie culturelle de Little Haïti. Il se produit aussi dans les universités et enregistre de nouveaux disques. Atteint d’un cancer du poumon, il désirait finir ses jours dans son pays. Dernière volonté qui n’a pu se réaliser: Manno Charlemagne est mort dimanche dans un hôpital de Miami Beach, à 74 ans. Quelques mois après son ami Jonathan Demme, qui lui offrit un petit rôle dans son film la Vérité sur Charlie.



Crédit: François-Xavier Gomez /Liberation
 

dimanche 10 décembre 2017

Musique/Nécrologie: Manno Charlemagne est mort !

Manno Charlemagne a rendu l’âme ce dimanche aux Etats-Unis. Un cancer du poumon a eu raison de celui qui chantait « Banm yon ti limyè ».

Aussi chanteur qu’écrivain ou compositeur folk, Manno Charlemagne naquit à Port-au-Prince, Boulevard Jean-Jacques Dessalines, à coté de la Boulangerie Morel, en 1948. Son engagement pour la justice sociale lui valut des inimitiés dans les rangs de la dictature. Cible d'attaques et de tentatives d'assassinat, il fut forcé à prendre l'exil aux États-Unis sous Jean Claude Duvalier.

Après sa mort, les réactions pleuvent. Entre autres, pour le chef de l’Etat Jovenel Moise, « le départ pour l’Orient éternel du chanteur engagé Manno Charlemagne constitue une grande perte pour le pays et pour le secteur culturel en particulier». M. Moise adresse ses « sympathies à la famille et aux proches de ce patriote qui aimait son pays avec passion. Haïti lui est reconnaissante. ».

Manno raconte sa vie, ici:...